28 juillet, 2014

La lutte, Élie DUCOMMUN

Classé dans : — unpeudetao @ 10:49

Ami, cette fournaise ardente Où tu mets ton âme et ton sang, C’est à la fois enfer du Dante Et paradis éblouissant. Le dévoûment, divin mystère, À ton oreille dit tout bas : « Pilote, aperçois-tu la terre ? « Regarde bien, elle est là-bas ! »

 

Le progrès, c’est le vol de l’aigle Dans le ciel pur de l’idéal ; C’est la loi sainte, c’est la règle Qui fait le bien avec du mal. C’est lui qui, comblant le cratère Sans cesse béant sous tes pas, Te dit : « Aperçois-tu la terre ? « Regarde bien, elle est là-bas ! »

 

Ceux qui se donnent à leur cause, Le destin ne les lâche plus ; La lutte est une apothéose Et les lutteurs sont des élus. Voix de la conscience, austère, Qu’on écoute et n’étouffe pas, Le devoir leur dit : « Terre, terre ! « Regardez bien, elle est là-bas ! »

 

Marche donc, ami, dans tes voies, Confiant, le front inspiré ! L’avenir réserve ses joies À qui n’a pas désespéré. Le sacrifice est salutaire ; Pas de victoires sans combats, « Pilote, aperçois-tu la terre ? « Regarde bien, elle est là-bas ! »

 

Élie DUCOMMUN (XIXe siècle), homme de lettres suisse.

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose