19 septembre, 2011

La mort, Khalil Gibran

Classé dans : — unpeudetao @ 5:09

Alors Almitra parla, disant,

 

Nous voudrions maintenant t’interroger sur la Mort.

 

Et il dit :

 

Vous voudriez connaître le secret de la mort.

 

Mais comment le trouverez vous si vous ne le cherchez pas au cœur de la vie ?

 

Le hibou, aveugle au jour et dont la vue se limite à la nuit, ne peut vous dévoiler le mystère de la lumière.

 

Si vous voulez vraiment apercevoir l’âme de la mort, ouvrez grand votre cœur au corps de la vie.

 

Car la vie et la mort sont un, comme sont un le ruisseau et la mer.

 

Votre connaissance silencieuse de l’au delà repose au plus profond de vos espoirs et de vos désirs ;

 

Et comme la graine qui rêve sous la neige, votre cœur rêve de printemps.

 

Ayez foi en vos rêves, car c’est en eux que se cache la porte de l’éternité.

 

Votre crainte révérencielle de la mort est pareille au tremblement du berger devant le roi qui va poser sa main sur lui pour l’honorer.

 

Sous ce tremblement, le berger n’est-il pas heureux de ce qu’il va porter la marque du roi ?

 

Mais n’en est il pas moins conscient de son tremblement ?

 

Car qu’est ce que mourir sinon rester nu dans le vent et se fondre dans le soleil ?

 

Et qu’est ce que cesser de respirer sinon libérer son souffle de ses marées agitées pour qu’il s’élève et se répande et cherche Dieu à son aise ?

 

C’est seulement lorsque vous aurez bu à la rivière du silence que vous pourrez vraiment chanter.

 

Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, alors vous pourrez commencer à grimper.

 

Et quand la terre exigera vos membres, alors vous pourrez vraiment danser.

 

Extraits de Le Prophète de Khalil Gibran.

 

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http://unpeudetao.unblog.fr

 
 

Pas de réponses à “La mort, Khalil Gibran”

  1. unpeudetao dit :

     » La mort est le commencement de l’immortalité.  »
    Maximilien Robespierre.

  2. unpeudetao dit :

    Ce poète de la sagesse est né le 6 janvier 1883 dans le village de Bécharré, dans la partie nord du Liban, non loin des célèbres forêts de cèdres. Le père est collecteur d’impôts pour le compte de l’État ottoman. Il ne semble pas avoir été un père idéal mais plutôt sensible aux vapeurs de l’alcool et à la fumée du narguilé. L’enfant est plus proche de sa mère, Kamila, femme douce à l’esprit large et compréhensif, polyglotte et musicienne, qui encourage l’épanouissement intellectuel de son fils. En 1894, Pierre, le demi-frère de Khalil, alors âgé de 18 ans, lassé de la vie montagnarde, choisit l’exil vers Boston, encouragé et suivi par toute la famille à l’exception du père. Dans ce « nouveau monde », les professeurs découvrent la précocité du génie de Khalil qui, après deux ans d’études intensives, choisit de retourner au Liban en 1898, afin d’y parfaire sa langue natale dans une institution célèbre, « l’École de la Sagesse ». Là, il se familiarise avec l’érudition arabe, le droit international mais aussi l’histoire des religions, la musique et la médecine. Après quatre ans de collège, Gibran retourne à Boston en 1902, en passant par Paris où il apprend la mort de sa sueur Sultana. À cette époque, Khalil voit sa famille « s’ébrancher sur quinze mois ». Après sa sueur, Pierre meurt en 1903 rongé par la tuberculose. Quelques mois plus tard, le 26 juin de la même année, Khalil perd sa mère pour laquelle il avait une adoration quasi divine. Désormais seul avec sa dernière sueur, il affronte ta pauvreté et néglige son travail artistique.

    C’est en mai 1904 qu’apparaît un rayon de soleil en la personne de Mary Haskell. C’est le début d’une longue amitié et une nouvelle étape dans la vie du jeune artiste. Mary devient l’ange gardien inséparable de sa destinée. En 1908, elle lui propose d’aller étudier la peinture aux Beaux-Arts de Paris. En fait, Khalil choisit l’Académie Julien. Le professeur n’est autre que Rodin à qui l’on attribue cette fameuse assertion : « Le monde entier attend beaucoup de ce jeune Libanais, le William Blake du XXè siècle. » À cette charnière de sa vie, Gibran publie aussi une violente critique de la société libanaise, Âmes en révolte, dans laquelle il dénonce aussi bien la corruption des ministres du culte, que les mariages arrangés à des fins financières et politiques.
    D’après Barbara Young, son exécutrice littéraire, ce livre sera brûlé en place publique à Beyrouth, faisant de Gibran un apatride excommunié de l’Église maronite.

    De retour aux Etats-Unis, Gibran quitte Boston en avril 1911 pour vivre à New York. Il s’installe dans un appartement modeste que lui et ses amis surnomment « l’Ermitage ». C’est là qu’il demeurera jusqu’à la fin de ses jours. Plein d’enthousiasme, il travaille dans le silence et la joie, habité par une vision du monde assez différente de celle qu’il avait auparavant à Boston : « Je ne suis plus rêveur. Le monde des rêves est beau. Mais au-delà de ce monde, il est une région où règne l’absolu. » Parallèlement à ses publications, Gibran expose ses toiles et fonde le « Cénacle de la Plume » (Ar-Rabita-Al-Qalamiyya) en compagnie d’une pléiade d’écrivains syro-libanais. C’est une association culturelle dont le but est de publier les ouvrages de ses membres, de traduire en arabe les livres de valeur et de sauvegarder la langue arabe. L’impact de cette association fut si important qu’il contribua à la renaissance des lettres arabes en les délivrant de leur léthargie.

    En 1923, Gibran publie Le prophète. Dès lors son nom est intimement lié au titre de ce chef-d’œuvre. Le succès est immédiat ! Gibran le révolutionnaire devient alors le sage magnanime des cercles littéraires. D’où lui vient cette sagesse ? Dieu seul en est le confident ! Peut-être lui fut-elle insufflée par les femmes au cours de ses rencontres ? Car, s’il fut filial pour sa mère ou épistolaire pour Mary Haskell, l’amour fut omniprésent au cœur de la vie et de l’oeuvre du poète. Parfois, il a revêtu des formes inattendues comme cette liaison littéraire avec May Ziadeh, écrivain libanaise vivant au Caire.
    Dès 1912, ils entretiennent une riche correspondance dont le contenu essentiel est culturel et littéraire. Cet amour insaisissable dans sa vérité et son mystère ne fut jamais transcrit noir sur blanc, mais juste esquissé par le verbe dans un style mythique et imagé. Amour ou simple expression d’un sentiment éthéré ? Cette femme n’apparaît pas comme l’amante mais comme l’autre, l’âme soeur bien-aimée, seul trait d’union avec l’Orient natal.

    Khalil Gibran s’est éteint le 10 avril 1931 à l’Hôpital Saint-Vincent de New York. Il repose désormais dans le monastère de Mar Sarkis, situé dans la vallée sainte Wadi Kadisha, non loin de Bécharré.

    Extraits de : Mystiques et maîtres spirituels contemporains de Bruno Solt, Ed. Pocket

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