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21 septembre, 2014

La nuit, à la fenêtre ouverte, Karel Van de WOESTIJNE

Classé dans : — unpeudetao @ 6:49

La nuit, à la fenêtre ouverte où mon désir frissonne  De torturante volupté, de douleur lancinante de joie,  Purifié des miasmes du jour, j’entends dans le vent sauvage  Le cri déchiré et las de la mer invisible.  J’écoute et le passage des rafales purifiantes,  Du vent rôdeur qui lave l’air, haletant de joie  Sentent traîner dans leur vacarme et peser sur leurs remous  La voix de la mer qui gémit, reflue, hurle, remonte…  – Ô vents de joie qui frôlez d’une caresse ferme et d’un baiser  Mes yeux péniblement ouverts et mes pensées :  Nul éclat de rire, que j’eusse pris pour une plus profonde voix n’a trompé mon oreille  Nulle parole apaisante pour réconcilier mon âme avec ma propre douleur.  Brutalement déchaîné en un combat tenace et entêté,  J’éprouve en moi mon deuil étalé comme la mer  Et plus sauvage encore, si elle sent frémir en elle et vivre  Ô mer, la conscience de sa cruelle immensité.  Tu voudras en vain étouffer mon cri par tes rugissements  Et je voudrai moi-même, en mon orgueil, éteindre ma passion,  Ô mer, et plus forte que mon deuil, s’ancrera en moi la réconfortante pensée  Que tu ne me connais pas mais que je sais tes bornes.

 

Karel Van de WOESTIJNE (1878-1929), belge.

 

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