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4 février, 2012

La parabole des fils avides (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 20:11

 

     Il était une fois un fermier travailleur et généreux. Il avait plusieurs fils, tous paresseux et avides. Sur son lit de mort il leur dit que son trésor était enfoui dans un champ, et leur indiqua lequel. Dès qu’il fut trépassé, les fils s’y précipitèrent et le retournèrent d’un bout à l’autre, avec une concentration et une inquiétude croissantes : ils avaient beau creuser et recreuser, ils ne mettaient rien au jour.
     Ils durent se rendre à l’évidence : le champ ne recelait pas le moindre trésor. Ils pensèrent que leur père, dans sa générosité, avait distribué l’or de son vivant, et abandonnèrent leur recherche… Leur vint peu après à l’esprit cette idée : « Puisque la terre a été travaillée, pourquoi ne pas l’ensemencer ? » Ils semèrent du blé, la moisson fut abondante ; ils vendirent le grain, et connurent une année prospère.
     Puis ils repensèrent au trésor, se dirent qu’ils avaient peut-être manqué de peu l’or enfoui, et se remirent à creuser, à retourner la terre de ce champ et des autres, avec le même résultat.
Plusieurs années s’écoulèrent. Les fils s’étaient accoutumés au travail, avaient pris conscience du cycle des saisons. Maintenant, ils comprenaient la raison pour laquelle leur père les avait incités à retourner la terre.
     Ils devinrent d’honnêtes et d’heureux fermiers, suffisamment riches pour ne plus avoir à penser au trésor caché.
     Ainsi en est-il de l’enseignement de la compréhension de la destinée humaine et du sens de la vie. Le maître, confronté à l’impatience, à la confusion et à l’avidité des élèves, doit les orienter vers une activité dont il sait qu’elle sera constructive et bénéfique, mais dont la fonction et la finalité véritables leur sont souvent cachées par leur immaturité même.

 

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Une réponse à “La parabole des fils avides (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Cette histoire, qui souligne qu’un individu peut développer certaines capacités en dépit du fait qu’il cherche à en développer d’autres, est exceptionnellement répandue. Peut-être parce qu’elle est traditionnellement précédée de cet avertissement : « Ceux qui la répéteront y gagneront plus qu’ils ne savent. »
    Elle est rapportée par le franciscain Roger Bacon (qui fait référence dans ses écrits à la philosophie soufie, et enseigna à Oxford, d’où il fut expulsé sur ordre du pape) ainsi que par Boerhaave, le chimiste du XVIIe siècle.

    La présente version est attribuée au soufi Hassan de Basra, qui vécut il y a près de mille deux cents ans.

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