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4 octobre, 2013

La plus belle est cachée sous la cuve (Conte antillais)

Classé dans : — unpeudetao @ 17:37

Une mère avait deux filles : Joséphine et Cècène.
Cècène était mal-aimée : c’est elle qui faisait la cuisine, le ménage, qui travaillait dur dans les champs. Elle était la plus jolie et plus elle travaillait, plus elle devenait belle.
Mais sa mère préférait la paresseuse et capricieuse Joséphine.

 

La mère n’aimait pas Cècène car une diablesse avait présidé à la naissance de Cècène. Le jour du baptême de cette dernière, alors que l’on dansait, arriva une femme extraordinairement belle et élégante. Elle demande à la maîtresse de maison de quoi se laver les pieds pour effacer les traces du long chemin qu’elle avait dû parcourir pour se rendre à la fête. On lui apporta donc une de ces grosses terrines de terre rouge, comme il s’en fait traditionnellement au pays pour cet usage particulier. Et quelques instants plus tard on entendit  » tik  » comme un bruit de fêlure.
 » Ce n’est rien, dit la belle convive, c’est juste mon bracelet d’argent qui est tombé au fond de la terrine. « 
Puis, parée de ces beaux bijoux d’or, elle se jeta dans le bal où elle dansa sans relâche. Puis elle berça l’enfant nouveau-né. A l’heure du départ, elle se mit à rire bruyamment en soulevant ses jupes, et c’est alors qu’on s’aperçut que c’était bel et bien une diablesse. A la place du pied gauche, elle portait en effet un sabot de cheval, sabot qui avait fêlé la terrine de terre rouge.

 

En grandissant, Cècène était devenue une belle jeune fille.
Un jour, elle partit, comme à l’accoutumée, travailler dans les champs. Tandis qu’elle coupait la canne sous le chaud soleil, un monsieur à cheval, fort élégant, s’approcha d’elle. Cècène continua à travailler tout en chantonnant, son grand chapeau  » bakoua  » sur la tête, un madras noué autour de ses reins.
Le cavalier mit pied à terre et s’approcha de Cècène :
 » Comment t’appelles-tu ?  » demanda-t-il.
 » Cècène. « 
 » Et où habites-tu que j’aille demain rendre visite à tes parents ? « 
 » A la croisée des chemins, près de grand fromager. « 
Le bel homme lui offrit une fleur d’hibiscus, remonta sur son cheval et disparu comme dans un rêve.
Cècène s’empressa de rentrer à la maison pour raconter à sa mère ce qui c’était passé.
La mère qui désirait avant tout marier sa fille aînée réfléchit à un plan pour remplacer Cècène par Joséphine.

 

Le lendemain, lorsque le jeune homme se présenta et demanda Cècène, la mère lui répondit qu’elle n’était pas là et lui présenta Joséphine parée de sa plus belle robe.
A ce moment, un perroquet aux couleurs chatoyantes apparut et se mit à crier :
 » La pli bel’ en ba la baille, la pli bel’ en ba la baille ! « 
(La plus jolie est cachée sous la cuve)
Joséphine envoya des cailloux après cet oiseau de malheur afin de le faire taire, mais peine perdue.
 » La pli bel’ en ba la baille, la pli bel’ en ba la baille !  » Répétait-il inlassablement.
Le jeune homme comprit alors, s’approcha de la baille et la retourna. Il y découvrit Cècène, recroquevillée, vêtue de haillons.
Tout souriant, il lui tendit la main et l’aida à se relever. Il la fit monter sur son cheval et ils disparurent tous les deux dans la poussière d’un grandgalop.
Ils vécurent longtemps ensemble, heureux.

 

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