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6 juillet, 2016

La richesse ici-bas, Alfred MORISSET

Classé dans : — unpeudetao @ 3:38

La richesse, ici-bas, ce n’est pas d’être riche,

Ce n’est pas d’entasser, d’avoir de l’or en niche

Comme les Harpagons.

C’est de se sentir vivre en son intelligence,

Et de faire servir même son indigence

À des actes féconds.

La richesse, ici-bas, c’est l’illusion chère

Qui berça sur ses flots la nacelle légère

De nos rêves d’enfants ;

C’est l’écho prolongé des pures symphonies

Que chantaient tour à tour d’invisibles génies

Dans nos cœurs triomphants.

La richesse, ici-bas, ce sont les souvenances

Qui viennent parfumer de leurs douces essences,

Les sentiers des jours mûrs ;

Ce sont les abandons de ces heures exquises,

Où l’âme confiante aspire dans les brises

Des enivrements purs.

La richesse, ici-bas, c’est un modeste asile

Où l’homme en travaillant vit heureux et tranquille,

Loin des reflets de l’or ;

Et non pas le grand train des pompeux équipages,

Ni les salons dorés, ni les brillants mirages

Des châteaux de portor.

La richesse, ici-bas, c’est une épouse tendre,

Marchant près de l’époux, heureuse de lui tendre

Sa main pour l’appuyer ;

C’est un cœur en un cœur, une âme dans une âme,

Puisant la même joie et le même dictame

Dans un même foyer.

La richesse, ici-bas, c’est la joie ineffable

Qu’un père aimant éprouve en voyant à sa table

Ses enfants réunis ;

C’est de ses cheveux blancs la plus belle couronne :

Et ce gage d’amour, c’est le ciel qui le donne

Aux ménages bénis.

La richesse, ici-bas, c’est l’immense héritage,

Qu’un honnête homme laisse à ses fils en partage

Dans un nom respecté ;

Trésor impérissable à l’abri du naufrage,

Que les vents du malheur et les coups de l’orage

N’ont jamais emporté.

La richesse, ici-bas, c’est de pouvoir sans crainte

Marcher la tête haute et porter sans contrainte

Un front pur en tous lieux ;

Sans jamais qu’un des siens nous jette à la figure

Le nom de renégat, de traître ou de parjure

Au sang de ses aïeux.

La richesse, ici-bas, c’est la noble Patrie

Qu’on respecte et qu’on aime avec idolâtrie,

Comme un objet sacré ;

Ce sont ses libertés, ses grands hommes, sa gloire,

Resplendissants joyaux qui parent son histoire

Et son nom vénéré.

La richesse, ici-bas, c’est la sainte croyance

Aux dogmes que Jésus dans son omniscience

Proclame et nous prescrit ;

C’est l’abnégation, c’est l’oubli de soi-même,

C’est l’amour de la Croix, le consolant emblème

Des vrais enfants du Christ.

 

Alfred MORISSET (1843-1896), canadien.

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