9 juillet, 2009

5. Le besoin d’être aimé

Classé dans : — unpeudetao @ 6:32

 

 

Or, le fait de reprendre confiance en soi, c’est entrer en relation d’amitié avec soi-même, c’est découvrir sa propre autorité intérieure, sa valeur et
ses valeurs, son unicité, son autonomie. Retrouver sa confiance, c’est cesser de vivre soumis aux autres, surtout aux autorités extérieures.  En apprenant
donc à m’accepter, j’apprenais du même coup à voir juste, je cessais de vivre dans le rêve, l’idéal, la croyance, l’attente. J’étais plus ouvert aux faits,
à la réalité, à ce qui existait ou qui se passait dans la Vie sans référence à moi-même. Mais cette montée de la confiance ne pouvait seule me libérer
de ma solitude.  Il fallait aller au cœur du problème.

 
Toute cette démarche pour me valoriser, pour me passer des autres, pour ¨réaliser mon potentiel¨, demeurait sans pouvoir sur la dépendance affective.  Comme
il y avait eu un très profond manque de confiance en soi, (c’est-à-dire d’amour de soi), toute forme de relation avec autrui était grevée par une affectivité
passive, une attente chronique d’un ¨sauveur¨ extérieur. J’avais toujours besoin d’être aimé. Je voulais cela par-dessus tout, c’était même derrière tous
les efforts que je faisais pour mousser ma valeur intellectuelle.  Je ne voulais pas tout d’abord que l’on aime mes livres ou mes idées, je voulais que
l’on m’aime, moi. Si bien qu’à partir de l’époque où je sentais que la vie en groupe allait s’achever, je commençai à chercher fiévreusement l’âme-sœur,
c’est-à-dire la personne idéale, celle qui allait remplir mes attentes et mes désirs, qui allait me donner le bonheur. Car ce que j’avais toujours cherché
depuis que le cadet de la famille avait ¨usurpé¨ ma place, c’était d’être aimé par maman ou une figure parentale qui comblerait mon vide intérieur. Peut-être
même que toute ma recherche intérieure pour apprendre à me connaître et à me libérer de la prison du moi – toutes les sessions de méditation, toutes les
lectures et les rencontres avec des sages – ce n’était finalement qu’une expression de ce murmure profond qui disait ¨maman, aime-moi¨, ¨quelqu’un, aime-moi¨,
¨m’aimes-tu ? ¨, ¨j’ai besoin de toi, ne me laisse pas, seul je suis perdu¨. Et la Divinité ou l’Être ou la Présence éternelle que je voulais atteindre
et en laquelle je voulais me perdre, c’était en réalité la maman universelle. C’était cela la racine, la cause et la source de ma solitude : je voulais
être de nouvau uni à la Totalité. C’était toujours le moi qui appelait. Mais je voulais aller trop vite.  Je sautais une étape. Plus qu’une étape, une
condition fondamentale.

 

 

2 réponses à “5. Le besoin d’être aimé”

  1. unpeudetao dit :

    Placide GABOURY est un essayiste, professeur, peintre et pianiste professionnel canadien (1928-2012).

    Il fut jésuite de 1949 à 1983.
    On lui attribue aussi l’expansion du New Age au Québec, en partie suite à la publication de son ouvrage en 1978 : la voie initiatique. En 1990, il prend ses distances avec ce courant qu’il dénonce alors, comme « une foire spectaculaire, un marché aux évasions » où les adeptes seraient  » empêtrés dans des recettes de pacotille « .
    Sa vision de la spiritualité lui fait dire que « toute croissance implique une souffrance » et que  » les gens du New Age sont de grands bébés qui veulent atteindre au bonheur sans souffrance « .
    Il critique également sévèrement la pensée positive, qu’il voit comme un instrument de l’ego qui voudrait créer la présence divine.

  2. dubost dit :

    Vous avez écris « le besoin d’être aimé » !
    Ce texte est génial…mais où est la suite ?

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