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3 octobre, 2013

La Tortue et l’Araignée (Conte antillais)

Classé dans : — unpeudetao @ 17:20

Cette histoire s’est passée il y a très, très longtemps.
En ce temps-là, le Bon Dieu descendait sur la terre pour voir comment les animaux qu’il avait créés se comportaient.

 

Un jour, il décida de rendre visite à toutes les bêtes à ailes, les oiseaux, afin de les féliciter pour leur façon de vivre : dans l’entente, sans jamais se disputer. Il était tellement satisfait qu’il les invita tous pour un grand festin dans le ciel.
Tortue, caché sous une feuille, entendit tout ce que Dieu dit et dès son départ, il déclara :
 » Qu’est-ce que c’est, Dieu organise un festin et ne je suis pas invité. Si je n’arrive pas à être aussi de la fête, je ne m’appelle plus Tortue. « 
Il commença par demander aux oiseaux qui se préparaient quelques plumes afin de les coller sur sa carapace, mais personne ne voulait l’aider : Tortue avait de trop vilaines manières.
 » Tu n’es pas un oiseau donc tu n’es pas invité. Je n’ai pas de plumes à te donner. « 

 

Mais Tortue était malin. En cachette, il ramassa toutes les vieilles plumes qui traînaient et les colla sur son corps, sa carapace. A chacune de ses pattes, il colla des ailes. Il attendit le grand départ de tous les oiseaux et, flap, flap, il les suivit et arriva aussi au ciel.

 

Quelle belle fête dans le ciel, mes amis ! Il y avait beaucoup de bonnes choses à manger et à boire.
Personne ne reconnut Tortue sous son déguisement et il mangea et bu plein son ventre. Mais, à force de boire, il commença à se faire remarquer, à faire le malotru. Il commença par rigoler fort, poursuivit avec des blagues de mauvais goûts et finit par rouler sous la table.
Et sans qu’il en prit garde, ses plumes se décollèrent toutes les unes après les autres.
Lorsque l’heure de partir arriva, tous les oiseaux prirent leur envol, sans toutefois oublier de remercier le Bon Dieu pour cette belle journée. Tous virent Tortue qui pleurait parce que, sans ses ailes, il ne pouvait plus redescendre.
 » Compère Tortue, tu n’avais rien à faire ici. Tant pis pour toi. Tu as su monter seul, débrouille-toi pour redescendre. Ne compte pas sur notre aide. « 
Tortue se mit à pleurer et à gémir car il avait peur que Dieu, qui ne l’avait pas invité, le découvre là :
 » Comment ferai-je pour redescendre sur la terre ? Dieu me punira s’il me découvre ici. « 

 

Araignée, qui vivait là, entendit les pleurs de Tortue et cela lui fit de la peine. Il décida de l’aider à redescendre.
 » Mais, comment feras-tu ?  » lui demanda Tortue.
 » Ne t’inquiète pas : je te ferai arriver en bas : tu n’auras qu’à te tenir tranquille !  » répondit Araignée.
Il attacha Tortue à l’aide d’un fil et commença à le faire descendre lentement. Tortue, rassuré, se mit à chanter :
 » Papillons, bêtes à ailes,
Colibris. bêtes à plumes. « 
Mais, depuis un moment, une question revenait sans cesse à son esprit :
où l’Araignée prenait tant de fil ?
Il leva la tête et découvrit que c’était le cul de l’Araignée qui produisait le fil.
Il partit d’un grand éclat de rire :
 » AH, AH, AH ! « 
 » Compère Tortue, tu es bien gai maintenant. Dis-moi ce qui te fait rire autant !  » lui demanda Araignée.
 » Rien, ce n’est rien !  » lui répondit Tortue en reprenant sa chanson.
Fort :  » Papillons, bêtes à ailes, « 
Très bas :  » Araignée, ton cul fait du fil ! « 
Fort :  » Colibris, bêtes à plumes, « 
Très bas :  » Araignée, ton cul fait du fil ! « 
Mais, à force de chanter et de rire, Tortue s’oublia et chanta tout fort :
 » Papillons, bêtes à ailes
Araignée, ton cul fait du fil !
Colibris, bêtes à plumes,
Araignée, ton cul fait du fil ! « 
Araignée entendit ce que chantait Tortue et aussitôt, il arrêta de filer. Lorsque Tortue s’aperçut qu’il ne descendait plus, il leva la tête et son regard croisa celui d’Araignée : il comprit tout de suite ce qui allait lui arriver.
 » Ah ! C’est comme ça ! dit Araignée. Je t’aide à te faire descendre et c’est tout ce que tu trouves à chanter, petit scélérat. « 
Et il ferma ses fesses « pak » : le fil se cassa « tak » !

 

Tortue bascula, la tête en bas. Il se mit à crier, tout au long de sa chute, à qui voulait l’entendre :
 » Enlevez les pierres, mettez de la paille,
Enlevez les pierres, mettez de la paille ! « 
Mais, personne ne l’entendit et Tortue arriva sur la terre du Bon Dieu avec fracas : BO !
Il éclata sa carapace toute lisse sur une grosse pierre de la rivière et celle-ci se fendilla en plusieurs morceaux.

 

Depuis ce jour, toutes les tortues qui naquirent après lui, eurent leurs carapaces ainsi fendillées.

 

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