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4 août, 2017

La Visitation, José VINCENT

Classé dans : — unpeudetao @ 5:47

En ces jours-là,

Notre-Dame s’en alla

Vers la Judée.

Sa jeune âme était inondée

Des bienfaits infinis d’En-haut.

La nature sortait du nocturne repos.

Dans l’air planait une colombe.

Tout souriait. Même les tombes

Avaient un air d’attendre et d’espérer

La mort du mal, la fin du viager

Et le rayonnement d’une paix éternelle.

Marie aperçut la margelle

Du puits,

Le seuil du logis,

La terrasse

Basse,

Le rucher,

Le verger,

Des roses

D’incarnat

Moins rose,

De moins vif éclat

Que sa joue,

Sur une motte la houe,

Et, s’épanchant

À torrents

De l’abîme du ciel bleu,

La bénédiction de Dieu.

Marie

Franchit le seuil de Zacharie.

Élisabeth était là.

La Vierge la salua

D’un mot tendre et d’un sourire

Où toute la splendeur du jour se refléta.

Les colonnes des cieux sur leurs bases frémirent.

Et dans le sein d’Élisabeth

L’enfant que le monde attendait,

L’enfant, précurseur du Messie,

Bondit vers le sein de Marie.

D’une voix qui répercutait,

Immense, sonore, profonde,

Jusques aux confins du vieux monde,

La voix divine de l’Esprit,

Élisabeth reprit

Ces mots par l’Ange déjà dits :

« Salut à vous, Vierge Marie,

Sous le regard du Ciel, ô Rose épanouie !

Dieu lui-même vous a choisie,

Et béni votre Fils comme Il vous a bénie.

La séculaire épreuve avec vous est finie.

Mais pour moi-même quel honneur

Que la Mère de mon Seigneur

Ait quitté Nazareth et vienne

Abriter sous notre toit

Le Seigneur, le Maître, le Roi,

Le Dieu que ne contiennent

Qu’à peine

Le ciel et l’espace infini !

Ma maison déborde de joie

À voir entrer Celui que notre Dieu m’envoie.

Mon jardin exulte. Les nids

Comme mon cœur palpitent.

En mon sein rajeuni s’agite

Et tressaille et bondit

Mon enfant tout rempli du souffle de l’Esprit. »

Alors éclata le cantique

Unique,

Le cantique parfait qui n’aura pas de fin.

La Vierge joignant les mains

Dans l’air suave du matin

Fit retentir ces mots divins :

« Ciel et mer, écoutez. Terre, reste muette.

Ouvre-toi, mon âme, ouvre-toi

Pour contenir le ciel et Celui qui t’a faite.

Ô mon âme, exalte ton Roi.

« Il m’a vue à ras de l’herbe

De si loin et de si haut !

Il a cueilli le lys à peine éclos

Et j’enfanterai le Verbe.

Le Très Grand,

Le Très Puissant,

S’est épris de ma faiblesse

Et de ma bassesse.

Il aime les petits.

Il aime ce qui se blottit

Loin du bruit,

Dans la pénombre où rien ne luit,

L’obscure vertu de celui

Que jamais personne ne vante,

Et le néant de sa servante.

Le long désir de l’homme est enfin assouvi.

Le Seigneur a tenu ce qu’il avait promis.

Il l’a tenu par moi, il le tient par son Fils,

Qui dans mon sein repose.

En moi le Tout-Puissant a fait de grandes choses.

Ô mon âme, exalte ton Roi.

Ouvre-toi, mon âme, ouvre-toi

Pour contenir le ciel et Celui qui t’a faite.

Terre, ne reste plus muette.

Jubile et tressaille avec moi.

L’ère douloureuse est passée.

Chante la vertu du Seigneur.

Égoutte-toi, fraîche rosée,

Je vais enfanter le Sauveur. »

José VINCENT (1869-19..).

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