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5 mai, 2012

La volonté d’irriter (Soufisme)

Classé dans : — unpeudetao @ 4:40

 

      Le maître soufi Ajnabi dit à son disciple Amini :
      « Écris à Mulla Firoz : préviens-le que je n’ai pas le temps d’entretenir une correspondance avec lui, et que je n’ai donc rien à répondre à sa lettre.
      – Est-ce pour l’irriter ? demanda le disciple.
      – Certaines choses que j’ai dites dans mes livres l’ont irrité. L’irritation l’a poussé à m’écrire. La raison pour laquelle j’ai écrit le passage qui l’a mis en colère était de mettre en colère les gens de son espèce.
      – Et cette lettre, va-t-elle le mettre encore plus en colère ?
      – Oui. Quand il était furieux de ce que j’ai écrit, il n’observait pas sa colère. Or mon intention était qu’il l’observe. Il croyait m’observer, alors qu’il ne faisait qu’éprouver de la colère. J’écris donc encore une fois, pour provoquer la colère, afin qu’il voie qu’il est en colère. L’objectif, c’est que l’homme prenne conscience que mon œuvre est un miroir où se voir. »
      Amini remarqua :
      « Ceux du monde ordinaire regardent habituellement ceux qui suscitent la colère comme malintentionnés.
      – Un enfant peut regarder l’adulte qui essaye de lui enlever une épine de la main comme malintentionné. Est-ce une raison pour lui enlever toutes chances d’atteindre jamais l’âge adulte ?
      – Et si l’enfant, insista Amini, garde rancune à l’adulte qui retire l’épine ?
      – L’enfant, dit Ajnabi, ne garde pas vraiment rancune, parce que quelque chose en lui connaît la vérité.
      – Mais qu’arrive-t-il s’il n’apprend jamais à se connaître et continue néanmoins d’imaginer que les autres sont mus par des sentiments personnels ?
      – S’il n’apprend jamais à se connaître, peu importe ce qu’il pense des autres, parce qu’il est alors incapable de les apprécier à leur juste valeur.
      – Au lieu de provoquer la colère une seconde fois, demanda Amini, ne pourrait-on expliquer que le texte initial a été écrit à cette fin, et inviter le mulla à réviser son premier jugement ?
      – On pourrait, dit Ajnabi, mais cela resterait sans effet. Cela aurait plutôt l’effet contraire. Donne tes raisons, et l’autre imagine que tu t’excuses, et cela éveille en lui des sentiments qui ne font du tort qu’à lui-même. En t’expliquant, tu agis en fait à son détriment. »

 

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Une réponse à “La volonté d’irriter (Soufisme)”

  1. unpeudetao dit :

    La mesure de ses moyens est celle de sa largeur de vues.
    Proverbe

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