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21 avril, 2012

L’aguicheuse (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:26

      Un jour, un soufi rentra chez lui à l’improviste. Or, sa femme recevait un étranger, tentant de l’aguicher.
      Le soufi frappa à la porte. Ce n’était guère dans ses habitudes d’abandonner sa boutique et de rentrer si tôt à la maison, mais, pris d’un pressentiment, il avait décidé de rentrer ce jour-là par surprise. La femme, elle, était bien certaine que son mari ne reviendrait pas de sitôt. Dieu met un voile sur tes péchés afin qu’un jour tu en aies honte. Mais qui peut dire jusqu’à quand dure ce privilège ?
      Dans la demeure du soufi, il n’y avait d’autre issue que la porte principale et pas de cachette. Il n’y avait même pas une couverture sous laquelle l’étranger aurait pu se cacher. En désespoir de cause, la femme revêtit alors l’étranger d’un voile pour le déguiser en femme. Puis elle ouvrit la porte.
      L’étranger, dans son déguisement, ressemblait à un chameau dans un escalier. Le soufi demanda à sa femme :
      « Qui est cette personne au visage voilé ? »
      La femme répondit :
      « C’est une femme connue dans cette ville pour sa piété et sa richesse.
      – Y a-t-il un service que nous puissions lui rendre ? » demanda le soufi.
      La femme dit :
      « Elle veut devenir notre parente. Elle a un caractère noble et pur. Elle venait voir notre fille. Malheureusement, cette dernière est à l’école. Mais cette dame me l’a dit : « Qu’elle soit belle ou non, je veux l’avoir pour belle-fille ! » car elle a un fils incomparable par sa beauté, son intelligence et son caractère. »
      Le soufi dit alors :
      « Nous sommes des gens pauvres et cette femme est riche. Un pareil mariage serait comme une porte faite à moitié de bois et à moitié d’ivoire. Or, un vêtement fait pour moitié de soie et pour moitié de drap fait honte à celui qui le porte.
      – C’est justement ce que je viens de lui expliquer, dit la femme, mais elle m’a répondu qu’elle ne s’intéressait ni aux biens ni à la noblesse. Elle n’a guère l’ambition d’accumuler des biens dans ce bas monde. Tout ce qu’elle souhaite, c’est avoir affaire aux honnêtes gens ! »
      Le soufi invoqua d’autres arguments, mais sa femme affirma les avoir déjà énoncés à sa visiteuse. À l’en croire, cette dame ne prenait pas leur pauvreté en compte, bien que celle-ci fût extrême. Pour finir, elle dit à son mari :
      « Ce qu’elle recherche en nous, c’est l’honnêteté. »
      Le soufi dit encore :
      « Ne voit-elle pas notre maison, si petite qu’on ne saurait y cacher une aiguille ? En ce qui concerne notre dignité et notre honnêteté, il est impossible de les cacher car tout le monde est au courant. Elle doit donc deviner que notre fille n’a pas de dot ! »
      Je te raconte cette histoire pour que tu cesses d’argumenter. Car nous connaissons tes activités honteuses. Ta croyance et ta foi ressemblent à s’y méprendre aux discours de cette femme. Tu es un menteur et un traître comme la femme de ce soufi. Tu as honte même auprès des gens qui n’ont pas le visage propre. Pourquoi n’aurais-tu pas honte, pour une fois, devant Dieu ?

 

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