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8 novembre, 2013

Le Bodhisattva qui enfonce une aiguille dans chaque pore de sa peau (Conte bouddhiste)

Classé dans : — unpeudetao @ 15:13

Autrefois, le Bodhisattva était un homme du commun. Il entendit parler des noms du Bouddha, de ses marques distinctives primaires et secondaires, de la force de sa sagesse. Il entendit raconter que ses actions méritoires et vertueuses étaient fort élevées, que tous les dieux le vénéraient et que ceux qui prenaient comme règle sa noble conduite voyaient tous les maux s’anéantir pour eux.
Le Bodhisattva sanglotait et pleurait sans relâche en ayant cette pensée dans son esprit :
 » Que je puisse obtenir de lui les règles sacrées pour m’y exercer et les mettre en pratique afin que je devienne Bouddha, que je guérisse tous les êtres de leurs maladies et que je les fasse parvenir à leur pureté primitive. « 
Or, en ce temps, le Bouddha était loin du monde, il n’y avait pas d’assemblée de religieux, personne n’avait les moyens de recevoir des instructions.

 

Dans le voisinage du Bodhisattva se trouvait un homme du commun dont le caractère était avide et méchant. Voyant l’ardeur que le Bodhisattva mettait dans sa résolution de pratiquer l’énergie, il lui dit :
 » Je connais des stances contenant trois préceptes du Bouddha ; désirez-vous les recevoir ? « 
En entendant ces paroles, le Bodhisattva éprouva une joie sans limites, il se prosterna aux pieds de l’autre et, étendu à terre, il implora de lui donner les préceptes.
Celui qui connaissait les stances lui dit :
 » C’est là un enseignement essentiel du maître qui guide les dieux et les hommes. Vous voudriez l’entendre sans qu’il ne vous en coûtât rien. Comment serait-ce admissible ? « 
Le Bodhisattva répondit :
 » Veuillez me faire savoir quelle est la cérémonie religieuse qu’il faut observer ? « 
L’autre lui dit :
 » Si vous êtes vraiment sincère, dans chacun des trous de votre corps où il y a un poil enfoncez une aiguille. Si, quand le sang inondera votre corps, votre esprit souffrant ne regrette rien, vous serez digne d’entendre les véritables enseignements. « 
Le Bodhisattva répliqua :
 » Si, pour entendre le Bouddha, je devais mourir, je le ferais avec joie : à combien plus forte raison s’il ne s’agit que de percer mon corps tout en conservant la vie. « 
Alors il prit des aiguilles à coudre pour s’en percer le corps. Son sang jaillissait comme une source ruisselante, mais le Bodhisattva, joyeux à l’idée d’entendre la Loi, avait obtenu la contemplation qui fait qu’on éprouve pas de douleur. Sakra, souverain des dieux, percevant l’ardeur de la résolution du Bodhisattva, eut de la compassion pour lui et, par miracle, il fit en sorte que, dans chaque trou de son corps où il y avait un poil, il y eût une aiguille.
L’autre homme, voyant cela, aperçut clairement la hauteur de sa résolution et lui donna l’enseignement promis :
 » Veillez sur votre bouche, gouvernez votre pensée, que votre corps ne fasse pas le mal. Si vous vous affranchissez de de ces trois actions fautives, vous obtiendrez la sagesse et vous serez sauvé. Tel est l’enseignement véridique des préceptes qui produisent l’éveil sans attachement, parfaitement vrai, vénérable et suprêmement correct de tous les Tathagatas. « 
En entendant les préceptes, le Bodhisattva se réjouit et se prosterna. Puis, jetant les yeux sur son corps, il s’aperçut que les aiguilles avaient soudainement disparu ; son visage était fort beau et sa vigueur plus grande qu’auparavant. Les dieux, les hommes, les démons et les nagas étaient tous pénétrés de joie.
Quant à lui, résolu à progresser et agissant avec noblesse, il avança sans discontinuer, pas à pas, et ainsi il parvint à la dignité de Bouddha et put secourir tous les êtres.

 

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