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4 septembre, 2011

Le boiteux et l’aveugle (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 10:53

     Un boiteux entra dans une auberge et s’assit dans un coin.
     « Je n’arriverai pas à temps au banquet du sultan, dit-il à son voisin : à cause de mon infirmité, je ne vais pas assez vite. »
     L’autre leva la tête :
     « Moi aussi, j’ai été invité au festin ; mon sort est encore moins enviable que le tien : je suis aveugle, je ne peux diriger mes pas vers le but. »
     Un troisième homme qui avait écouté leur dit :
     « Ne comprenez-vous pas qu’à vous deux vous avez les moyens d’atteindre votre destination. L’aveugle peut marcher avec le boiteux sur son dos. Ainsi pourrez-vous presser le pas et suivre le chemin. »

 

     C’est ainsi que les deux infirmes allèrent jusqu’au bout du chemin, où les attendait le festin du sultan.

 

     En route, ils avaient fait halte dans une maison de thé, et expliqué leur situation à deux hommes qui se trouvaient là et semblaient abattus. L’un était sourd, et l’autre muet. Ils avaient été invités tous les deux au festin. Le muet avait entendu mais ne pouvait transmettre le message à son ami le sourd. Le sourd pouvait parler mais n’avait rien à dire.
     Ni le sourd ni le muet n’arrivèrent au festin : cette fois, il n’y avait pas de troisième homme pour les éclairer sur leur problème, sans parler de la manière dont ils auraient pu le résoudre.

 

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Une réponse à “Le boiteux et l’aveugle (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    On rapporte qu’Abdul-Qadir légua un manteau soufi rapiécé, avec la précision suivante :
    Le manteau devrait être remis à celui de ses successeurs qui naîtrait près de six cents ans après sa mort.
    En 1563, Sayed Sikandar Shah, Qadiri, chargé par héritage d’exécuter le fidéicommis, trouva le bénéficiaire du legs et lui remit l’objet. C’est ainsi que le sheikh Ahmed Faruqi de Sirhind, maître naqshbandi, fut revêtu du manteau d’Abdul-Qadir.
    Ahmed Faruqi avait déjà été initié au sein de seize Ordres derviches par son père. Celui-ci, après de longs et périlleux voyages en quête de la connaissance, était parvenu à reconstituer la tradition soufie dispersée.
    Sirhind était le lieu désigné pour la manifestation du Grand Maître. Depuis des générations, on attendait sa venue.

    Ahmed Faruqi se fit connaître. Les chefs de tous les Ordres de l’époque reconnurent son autorité. Depuis lors, les maîtres naqshbandis peuvent initier leurs disciples au sein des quatre grands Ordres :
    Les Ordres chishti, qadiri, suhra-wardi et naqshbandi.

    Ce conte (« Le boiteux et l’aveugle ») est attribué à Ahmed Faruqi (mort en 1615). Il ne peut être lu que par ceux qui ont reçu des instructions précises à cet effet ; ou par ceux qui ont déjà étudié « Les aveugles et la question de l’éléphant » de Hakim Sanaï.

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