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4 février, 2012

Le Cavalier et le Serpent (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 19:55

 

     « Mieux vaut affronter l’ »opposition » de l’homme de connaissance que recevoir le « soutien » de l’idiot », dit un proverbe.
     Moi, Salim Abdali, j’atteste que cela est vrai dans les domaines d’existence supérieurs comme sur les plans inférieurs.
     Cette vérité est mise en lumière dans la tradition des Sages, qui ont transmis le Conte du Cavalier et du Serpent.
     Un cavalier, du haut de sa monture, vit un serpent venimeux se glisser dans la gorge d’un homme endormi : s’il ne tirait pas cet homme de son sommeil, le venin le tuerait certainement. Le cavalier leva son fouet et en frappa le dormeur, qui se réveilla. Il l’amena de force sous un arbre. Le sol était jonché de pommes pourries. Il l’obligea à les manger, puis le traîna au bord d’un ruisseau et le força à boire de grandes quantités d’eau.
     L’homme essayait de s’échapper.
     « Qu’est-ce que j’ai fait, ennemi de l’humanité, pour que tu me maltraites pareillement ? » parvint-il à crier.
     Enfin, à la tombée de la nuit, ses forces l’abandonnèrent : il s’écroula et vomit les pommes, l’eau, et le serpent. Quand il vit ce qui était sorti de lui, il comprit pourquoi le cavalier avait agi ainsi et implora son pardon.
     C’est notre condition. Quand vous lirez ce conte, distinguez l’histoire de l’allégorie, et ne confondez pas l’allégorie et l’histoire. Ceux qui sont dotés de connaissance ont des responsabilités. Les autres n’en ont aucune, quoi qu’ils puissent conjecturer.
     L’homme que le cavalier avait sauvé de la mort dit à son tourmenteur :
     « Si tu m’avais dit ce qui se passait, j’aurais accepté de bonne grâce le traitement que tu m’as infligé. »
     Le cavalier répliqua :
     « Si je te l’avais dit, tu ne l’aurais pas cru. Ou tu aurais été paralysé de peur. Ou tu te serais enfui. Ou tu te serais rendormi, pour oublier. Et je n’aurais pas eu le temps. »
     Le mystérieux cavalier éperonna son cheval et s’éloigna au galop.

 

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Une réponse à “Le Cavalier et le Serpent (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Salim Abdali (1700 1765) attira sur les soufis des calomnies sans précédent, venant des intellectuels, pour avoir dit qu’un maître soufi sait d’emblée « ce qui ne va pas » chez son élève, et peut devoir agir vite, et de façon paradoxale, pour le sauver, au risque d’encourir la fureur de ceux qui ne comprennent pas ce qu’il fait.

    Abdali a emprunté « Le Cavalier et le Serpent » à Rumi. Aujourd’hui encore, il y a probablement peu de gens qui soient prêts à admettre ce qu’implique ce conte. Pourtant, ce principe a été accepté sous une forme ou sous une autre par tous les soufis.

    À ce propos, le maître Haidar Gui fait observer :
    « Il y a une limite au-delà de laquelle il est malsain pour le genre humain de cacher la vérité dans le souci de ne pas offenser ceux qui ont l’esprit étroit. »

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