16 mai, 2012

Le cercle (Soufisme)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:34

 

      Le vent s’est mis à souffler et les fidèles se sont assis au milieu d’un cercle, en sécurité. La tempête faisait rage, mais la miséricorde de Dieu était comme un bateau. Dieu n’a pas créé les bateaux pour en être le sultan. Son but n’est pas de jouer au sultan mais d’assurer la sécurité de Ses créatures.
      Si le boeuf avance, ce n’est pas pour porter son fardeau mais pour éviter les coups de bâton. Dieu lui a enseigné cette crainte afin qu’il serve Ses serviteurs. Celui qui travaille ne peine pas pour améliorer le monde, mais pour lui-même. Chacun cherche un remède à ses propres tourments et c’est ainsi que l’univers finit par trouver un ordre. Dieu a fait de la crainte le pilier de l’univers. Chacun éprouve de la crainte envers les bonnes choses et les mauvaises choses. Mais nul n’éprouve de crainte envers soi. Car chacun de nous a un adversaire. Bien qu’il soit très proche de nous, il nous est difficile de nous en saisir. En réalité, il est aisé de s’emparer de lui mais pas avec les sens de ce monde. Pour cela, les sens ne servent à rien. Si le sens animal suffisait, l’âne et le boeuf seraient les Beyazid de leur temps.
      C’est Dieu qui a marié le corps et l’esprit. C’est Lui qui a fait d’un bateau le cheval de Noé. S’il le voulait, ce même bateau serait pour toi un ouragan. Sache que le chagrin et la joie que tu portes dans ton coeur sont le bateau et la tempête que Dieu t’offre à chaque instant.
      Comme les yeux ne voient pas l’origine de la crainte, ils s’effraient de chaque image. Si un homme fort donne un coup de poing à un aveugle, celui-ci croit que c’est un chameau qui lui donne un coup de pied. Si, par hasard, il entend au même moment le cri d’un chameau, ses oreilles seront pour lui comme des yeux. Sinon, il aurait pu dire : « Peut-être est-ce une pierre qui me tombe sur la tête. » Mais en réalité, il se trompe dans les deux cas. Ces situations sont le fait de Celui qui a créé la crainte. Le savant appelle la crainte « inquiétude », mais sa compréhension est pervertie. Comment éprouver de l’inquiétude sans connaître la vérité ? Les mensonges découlent de la vérité. Ô menteur ! Ne nie pas la vérité ! Chaque homme de Dieu est le Noé du coeur ou le marin de Noé. Sache que la fréquentation du peuple est pire que l’ouragan car, lorsqu’il est avec toi, le peuple gaspille ton temps. Et s’il est loin de toi, il médit de toi. Ses rêves boivent le jus de tes idées comme un âne assoiffé. Ils te dessèchent. Une tige fraîche obéit à la direction que tu veux lui donner mais c’est là chose dure pour une branche sèche.
      Si les forêts se changeaient en crayon et l’océan en encre, ce Mesnevi ne finirait jamais. Et si les forêts ne suffisaient pas, il pousserait des arbres au fond de la mer. Mieux vaut abandonner l’océan et aller vers les terres. Il est plus agréable de parler de jouets avec un enfant. Car l’enfant se plonge dans l’océan de la raison à travers ses jeux. Même si ceux-ci paraissent déraisonnables, la raison de l’enfant se développe avec eux. Un enfant qui serait fou n’aimerait pas jouer. Il faut des fragments pour témoigner de la globalité.

 

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