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7 janvier, 2015

Le chant des mers solitaires, Angel CRUCHAGA SANTA MARIA

Classé dans : — unpeudetao @ 17:10

De la terre vaincue nous sommes souvenance. Il fallait à Dieu notre profond mouvement car l’invincible et éternelle mélodie du monde était rythme en ses veines et en sa chair fleurie.

 

Notre vigueur est une force d’étoiles et de racines. Les arbres nous ont donné leurs moribondes énergies. Nous rêvons aux claires, énormes cicatrices qu’ouvraient les arrogantes quilles des navires.

 

Comme un collier perdu de pierres fabuleuses les étoiles nous blessent en notre rêve altier. Nous sommes le sang trouble des choses défuntes ; et le cri guttural de l’homme primitif.

 

Dans notre rébellion de frissons et de nerfs tient l’écho de la terre qui mourut pourrie. mâtures sonores, ô navires superbes portés par les vents premiers de la vie !

 

Quels nouveaux argonautes verront la toison ! Sous une effroyable douleur frémissent nos cyclones voulant revivre la défunte destinée qui fut sanglante et âpre telle une ruée de lions.

 

Nous savons où étaient les étoiles, leurs traces en nous sont demeurées. Avec une douceur d’aïeul, nous irons sur les eaux placer les astres que de sa main Jésus a détachés du ciel.

 

Nous serons une force énorme et ténébreuse. Sur nos vagues vibrent d’immortelles douleurs, et la voix du Christ roule imitant un sanglot jeté depuis la croix jusqu’aux quatre horizons.

 

Angel CRUCHAGA SANTA MARIA (1893-1964), poète chilien. Traduit par Claude Couffon.

 

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