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13 septembre, 2017

Le chevalier et le rossignol, Aimé VINGTRINIER

Classé dans : — unpeudetao @ 17:24

(À M. Fernand LAGARRIGUE).

Je connais un château bâti sur la montagne,

Un tilleul est auprès couvrant tout à l’entour ;

Un pauvre rossignol, sans nid et sans compagne,

Tout au sommet fait son séjour.

Voilà que sur minuit, venant de Terre-Sainte,

Arrive tout à coup un vaillant chevalier ;

De l’oiseau gémissant il écoute la plainte ;

Il arrête son beau coursier.

– Gentil oiseau, dans ma demeure

Je t’offre l’hospitalité.

– Il est vrai qu’en ces lieux je pleure,

Mais j’ai du moins ma liberté !

– Tu souffres quand l’hiver t’assiège

Et quand l’été répand ses feux.

– Ce n’est ni l’été ni la neige,

Qui me rendent si malheureux !

J’avais un frère, il est parti ;

Il est à cette heure englouti

Dans les flots de la mer profonde.

La fée a brisé mon berceau,

Et de moi fait un pauvre oiseau,

Le plus triste du monde !

Le chevalier prend l’oiseau dans sa main,

Tire un poignard dont la lame scintille,

Malgré ses cris, il lui perce le sein,

Et l’oiseau devient jeune fille.

– Je suis ton frère, et j’ai brisé les charmes

Qui d’un oiseau te donnaient les destins.

La Terre-Sainte est libre par nos armes ;

Reviens, ma sœur, t’asseoir à nos festins.

Aimé VINGTRINIER (1812-1903).

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