• Accueil
  • > Le conte des sables, Frédéric De La Motte-Fouqué

24 novembre, 2014

Le conte des sables, Frédéric De La Motte-Fouqué

Classé dans : — unpeudetao @ 7:21

Un ruisseau bouillonnant parvint à un désert et s’aperçut qu’il ne pouvait pas le traverser. Ses eaux se répandaient de plus en plus vite dans le sable fin. Le ruisseau dit tout haut :  » Mon destin est de traverser ce désert ! Mais je ne vois pas comment.  » La Voie du Désert répondit dans le langage secret de la nature :  » Le vent traverse le désert, et tu le peux aussi.  »  » Mais chaque fois que j’essaye, je suis absorbé par le Sable, et même si je devais me ruer contre le désert, je n’irai pas bien loin ! »  » Le vent ne se rue pas contre les Sables du désert.  »  » Mais le vent peut voler! Moi pas ! »  » Tu penses de façon erronée. Essayer de voler par toi même est absurde. Laisse le Vent te porter au-dessus du Sable.  »  » Mais comment cela ce peut-il ? »  » Laisses-toi absorber dans le Vent ! ». Le ruisseau s’écria qu’il ne voulait pas perdre ainsi son individualité. S’il permettait cela peut-être qu’il n’existerait plus jamais.  » C’est là  » répondit le sable  » Une façon de raisonner mais qui n’a aucun rapport avec la réalité. Quand le vent absorbe l’humidité, il lui fait traverser le désert puis il la laisse tomber sous forme de pluie ; celle-ci de nouveau devient une rivière.  »  » Mais comment puis-je savoir si cela est vrai ? »  » C’est ainsi, et tu dois le croire, autrement tu seras simplement absorbé par les sables pour former dans plusieurs millions d’années un marais stagnant.  »  » Mais si c’est ainsi, serais-je la même rivière que je suis aujourd’hui ? »  » Tu ne peux, de toute façon, demeurer le ruisseau que tu es aujourd’hui. Tu n’as pas le choix ! Il semble seulement que tu l’ais. Le Vent transportera ton essence, ta partie la plus fine; lorsque tu deviendras à nouveau une rivière dans la montagne au-delà des sables, il se peut que les hommes te donnent un autre Nom. Mais toi, essentiellement, tu sauras que tu es le même. Aujourd’hui tu te donnes le nom de telle ou telle rivière simplement parce que tu ignores quelle partie de cette rivière est ton essence « . Alors le ruisseau traversa le désert en s’élevant dans les bras du vent hospitalier qui le souleva doucement et avec précaution, dans les airs, puis le déposa avec une tendre fermeté au sommet d’une montagne d’un pays lointain.  » Maintenant, j’ai appris ma véritable identité !  » Mais il se posait encore une question en dévalant le flanc des montagnes :  » Pourquoi ai-je été incapable de faire ce raisonnement par moi-même ? Pourquoi a-t-il fallu que les sables me le disent ? Que serait-il arrivé si je n’avais pas écouté les sables ? « . Soudain, une petite voie venant d’un grain de sable répondit au ruisseau :  » Seuls les Sables savent ! Car cela, il l’ont déjà vu ! De plus, ils s’étendent de la rivière jusqu’à la Montagne ; ils forment le lien et ils ont leur fonction à remplir comme toute chose. La manière dont le ruisseau doit se conduire pendant son voyage est écrite dans les Sables « .

 

Frédéric De La Motte-Fouqué (1777-1843), allemand.

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose