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18 octobre, 2008

Le derviche de la montagne (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 22:36

      Un derviche vivait dans la montagne avec sa solitude pour toute compagne. L’endroit où il s’était retiré était rempli d’arbres fruitiers mais le derviche s’était promis :
      « O Seigneur ! Je ne toucherai pas aux fruits de ces arbres avant que le vent n’en fasse tomber ! »
      Mais, comme il avait oublié de dire : « Inch Allah ! » ce fut dur pour lui de respecter sa promesse. Cinq jours passèrent. Le feu de la faim brûlait son ventre mais le vent ne faisait tomber aucun fruit. Les branches se courbaient sous leur poids mais le derviche prenait patience, soucieux de tenir parole.
      À un moment, le vent poussa vers lui une branche chargée des fruits les plus mûrs. C’est ainsi que le destin lui fit renier son serment. Ce fut l’instant où Dieu lui tira l’oreille.
      Il y avait, non loin de là, un groupe de voleurs qui étaient en train de partager leur butin. Mais des soldats, prévenus par des espions, leur avaient tendu une embuscade et tous furent capturés, et notre derviche avec! On coupa la main droite et le pied gauche de chacun d’entre eux. Quand vint le tour du derviche, on commença par lui couper la main. Mais, au moment où on allait lui couper le pied, un cavalier s’écria :
      « Que faites-vous là ! Celui-ci est un cheikh ! Un intime de Dieu ! Qui lui a coupé la main ? »
      Le bourreau, plein de tristesse, se mit à lacérer ses vêtements tandis que le bey venait présenter ses excuses.
      « Dieu m’est témoin que j’ignorais cela. Pardonne-moi ! »
      Le derviche répondit :
      « Je connais la vraie raison de ceci. Cette main est celle avec laquelle j’ai rompu mon serment. Que mon corps et mon âme soient sacrifiés à la volonté de Dieu ! Toi, tu n’y es pour rien ! »
      C’est ainsi que, poussé par le désir de son estomac, le derviche perdit sa main. Combien d’oiseaux ont-ils laissé leur vie dans un piège à cause de quelques graines ! Ce derviche fut surnommé « le derviche à la main tranchée ».
      Bien des années plus tard, un homme vint lui rendre une visite impromptue et s’aperçut avec stupeur qu’il était en train de tresser un panier d’osier avec ses deux mains. Le derviche dit à son visiteur :
      « Pourquoi es-tu venu sans me prévenir ? Pourquoi a-t-il fallu que tu commettes semblable bévue ? »
      Son visiteur répondit :
      « Mon amour pour toi m’a fait oublier le respect qui t’était dû. »
      Le derviche lui dit en souriant :
      « Garde le secret de ce que tu as vu jusqu’à ma mort ! »
      Mais d’autres personnes le virent par une fenêtre en train de tresser ses paniers et son secret fut ainsi découvert. Voyant cela, le derviche s’écria :
      « O mon Dieu ! Tu es la sagesse ! J’essaie de cacher les bienfaits dont tu m’as comblé. Mais toi, tu les dévoiles au grand jour ! »
      Par la voix de l’inspiration, Dieu lui répondit :
      « Il y avait des hommes qui te prenaient pour un menteur et croyaient que c’était pour cette raison que tu avais été puni. Mais moi, je n’ai pas voulu que de tels blasphèmes se répètent et c’est pourquoi les faveurs dont je t’ai comblé sont devenues manifestes. »

 

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Une réponse à “Le derviche de la montagne (Conte soufi)”

  1. legonepeint dit :

    un petit bonjour, c’est vrai qu’ en ce moment je suis pas mal occupé avec la famille ,mais nous pensons à toi et peut être qu’au mois d’aôut ce sera plus calme,amitiés,claude .

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