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4 mai, 2012

Le fil de l’épée (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 4:54

     
      Lorsque Mohammed Alp Ulug Harezmchah eut pris d’assaut la ville de Sebsvar, les citadins implorèrent sa pitié :
      « Ô chah ! Nous sommes tes serviteurs. Laisse-nous la vie sauve et nous paierons la rançon que tu exigeras. Ne serait-ce que pour quelques jours, accorde-nous la vie sauve ! »
      Le sultan leur répondit :
      « Il y a parmi vous un homme nommé Abou Bekr. Tant que vous ne me l’aurez pas amené, votre vie ne tiendra qu’à un fil. Si vous échouez, je vous passerai tous au fil de l’épée ! »
      Un homme apporta alors un sac d’or et dit :
      « Ne nous demande pas une telle chose car, dans notre ville, il n’existe personne de ce nom ! C’est comme si tu cherchais de la poussière au fond d’une rivière ! »
      Sans jeter le moindre regard au sac d’or, le sultan dit:
      « Ô adorateurs du feu ! N’espérez pas de salut si vous ne m’amenez pas cet Abou Bekr. Ne croyez pas que je me contenterai, comme un enfant, de sacs d’or et d’argent ! »
      Les habitants de Sebsvar se mirent donc à fouiller les moindres recoins de leur cité, dans l’espoir de trouver cet homme. Après trois jours et trois nuits de recherches, on finit par dénicher un homme nommé Abou Bekr. Il était chétif et maigre et vivait, malade et affligé, au milieu des décombres.
      « Viens vite ! lui dirent les citadins, le sultan te réclame ! Toi seul peux sauver notre ville du massacre.
      – Si j’avais la force de marcher, répliqua l’homme, j’aurais quitté ce lieu depuis bien longtemps. Je ne serais pas resté parmi mes ennemis et aurais rejoint au plus vite le pays de l’ami ! »
      Alors, on plaça Abou Bekr dans un cercueil et on l’apporta au sultan.
      Cet univers est comme la ville de Sebsvar. Beaucoup d’hommes de Dieu y sont égarés et Dieu, ainsi que le sultan Harezmchah, demande au peuple un coeur pur. Le prophète a dit : « Dieu ne regarde pas votre apparence. Ne cherchez que la pureté du coeur. » Seuls les hommes de coeur méritent Ses regards. Toi, tu t’es pris pour un homme de coeur et tu es devenu fier. C’est ainsi que tu es sorti de la voie des hommes de coeur.
      Toi, tu dis au sultan : « Voici un coeur pur ! C’est ce qu’on peut trouver de mieux dans la ville de Sebsvar ! »
      Il te sera répondu : « Ici, ce n’est pas un cimetière ! Pourquoi m’apportes-tu un cadavre ? N’existe-t-il pas un coeur pur auprès duquel se réfugient les citadins ? »
      N’oublie pas que les coeurs purs sont dissimulés dans cet univers car la lumière est le contraire de l’obscurité.

 

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