1 novembre, 2014

Le lac, Edgar POE

Classé dans : — unpeudetao @ 14:40

Au printemps de mon âge ce fut mon destin de hanter de tout le vaste monde un lieu, que je ne pouvais moins aimer – si aimable était l’isolement d’un vaste lac, par un roc noir borné, et les hauts pins qui le dominaient alentour. Mais quand la nuit avait jeté sa draperie sur le lieu comme sur tous, et que le vent mystique allait murmurer sa musique – alors – oh ! alors je m’éveillais toujours à la terreur du lac isolé. Cette terreur n’était effroi, mais tremblant délice, un sentiment que, non ! mine de joyaux ne pourrait m’enseigner ou me porter à définir – ni l’Amour, quoique l’Amour fût tien ! La mort était sous ce flot empoisonnant, dans son gouffre une tombe bien faite pour celui qui pouvait puiser là un soulas à son imagination isolée – dont l’âme solitaire pouvait faire un Éden de ce lac obscur.

 

Edgar POE (1809-1849).

 

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Une réponse à “Le lac, Edgar POE”

  1. unpeudetao dit :

    Né à Boston dans une famille de comédiens, il devint très tôt orphelin et fut adopté par une riche famille de négociants. Il écrit ses premiers poèmes à quatorze ans. Plus tard, il devient critique, éditorialiste, conteur mais il est malade d’un alcoolisme qui s’accentuera avec la mort précoce de sa femme. Toute son œuvre est imprégnée de mort, d’hallucinations, de vertiges et d’angoisse.

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