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6 avril, 2014

Le lion et le renard cordonnier (Conte arabe)

Classé dans : — unpeudetao @ 9:14

Il était une fois un vieux lion qui ne pouvait plus chasser car ses pattes ankylosées refusaient de le porter. Compère renard se mit en tête de se moquer de lui : – Ô Monseigneur ! Tu devrais courir un peu pour te dégourdir les jambes. – Insolent ! Il fut un temps où tu n’osais même pas rôder à distance de mes terres et te voilà maintenant me narguant parce que je suis vieux et que mes jambes me lâchent. – Monseigneur ! Quelle méprise ! Je suis ton humble serviteur et je ne cherche qu’à t’aider. – En quoi un misérable comme toi pourrait m’aider ? Le renard, se maintenant à bonne distance, poursuivit : – En te soulageant de tes douleurs. Le métier de cordonnier n’a pas de secret pour moi. Nous sommes cordonniers de père en fils ! Je vais te fabriquer des bottines en cuir afin que tu puisses marcher sans avoir mal aux pieds, et même chasser comme au temps de ta jeunesse ! À ces mots, le fauve redressa la tête et un frisson parcourut sa crinière. – Voyons cela ! Allez au travail ! Et gare à toi si tu me racontes des histoires. Sans plus tarder le renard se dirigea vers un monceau de terre où on venait d’enfouir le cadavre d’une vachette. Il y découpa quatre larges morceaux de peau encore fraiche et rejoignit le roi des animaux sans crainte, sûr de son affaire. – Ô mon roi ! Tends tes pieds. Le lion s’exécuta de bonne grâce à l’idée de retrouver une nouvelle jeunesse. Le renard s’appliqua délicatement et lui couvrit chaque patte d’un morceau de peau qu’il attacha d’un lacet en tige de palmiers nains. Sous l’effet de l’humidité, le lion éprouva une agréable sensation. Le renard insista : – Maintenant il ne te reste plus qu’à mettre tes pattes à sécher au soleil et tu pourras filer. Le lion, confiant, suivit les consignes à la lettre, et patienta sous le soleil brûlant. Hélas, le cuir se rétrécit, se rétrécit… et durcit comme du bois mort ! La douleur arracha au lion de terribles rugissements. Aucun animal n’osa s’en approcher. Le renard, lui, fier de son exploit, parcourait le pays pour annoncer la nouvelle : – Je suis le vengeur ! Le lion est sous la torture. Seule la hase, madame lièvre, eut pitié et dit au lion : – Monseigneur ! Promets-moi de ne pas me dévorer et j’atténuerai tes souffrances. – Parole de roi. Tu auras même une récompense ! La hase s’activa du mieux qu’elle put en courant du point d’eau au roi des animaux. Elle remplissait son gosier et le déversait sur le cuir qui se dilatait. Elle libéra enfin les pattes du lion qui retrouvèrent quelque liberté de mouvement. L’animal, ingrat, loin de remercier madame lièvre qui s’était donnée tant de mal, leva sa lourde patte et la laissa retomber sur elle. Elle se débattit : – Tu cherches à dévorer celle qui t’a sauvé ? – Oui, c’est la providence qui t’envoie. Et gloup ! Il l’engloutit si vite, qu’elle glissa rapidement et se retrouva expulsée par derrière. Ouf ! Elle se sauva sans demander sans reste, tout en répétant : « Bonnes gens ! Craignez le mal qui vient de celui à qui vous avez fait du bien ! Bonnes gens… »

 

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2 réponses à “Le lion et le renard cordonnier (Conte arabe)”

  1. 010446g dit :

    Incitation à la dureté du coeur….
    On disait dans ma jeunesse: »Fais du bien à Bertrand, il te le rendra en ch…. »

    Décidément, je préfère le poème de Victor Hugo:
    Après la bataille
    Mon père, ce héros au sourire si doux,
    Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
    Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
    Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
    Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
    Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
    C’était un Espagnol de l’armée en déroute
    Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
    Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
    Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
    Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
    Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
    Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
    Tout à coup, au moment où le housard baissé
    Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
    Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
    Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
    Le coup passa si près que le chapeau tomba
    Et que le cheval fit un écart en arrière.
     » Donne-lui tout de même à boire « , dit mon père.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Réveil...

  2. jaclyn dit :

    en effet!

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