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1 mai, 2012

Le magicien (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 19:44

 

      Il était une fois un homme qui avait parcouru la terre et étudié en tous lieux où se transmet le vrai savoir.
      Du fait de sa discrétion, les avis furent longtemps partagés à son égard : les uns le tenaient pour un homme pieux et estimable, les autres pour une sorte de magicien, d’alchimiste, voire d’astrologue, praticien des sciences occultes.
      Sa maison était à cause de cela assiégée par deux sortes d’individus : ceux qui voulaient être dans ses bonnes grâces, s’il s’avérait être un saint homme, et ceux qui souhaitaient s’assurer son concours pour parvenir à leurs fins, au cas où il se révélerait être expert en pratiques secrètes.
      Cet homme, connu sous le nom d’Abdulwahid, fils d’Aswad, finit par acquérir une réputation de sorcier et de nécromancien. Ceux qui se croyaient sincères et exemplaires fuyaient désormais sa présence. Ceux qui recherchaient l’aide d’un sorcier le harcelaient.
      Quand, toutefois, les magiciens en puissance et les acheteurs d’amulettes et de talismans parvenaient à l’aborder, il avait vite fait de ruiner leurs espoirs : il leur avouait tout bonnement qu’il n’y entendait rien, mais aimait se faire passer pour magicien. Ainsi pouvait-il s’en débarrasser rapidement et définitivement.
      On l’avait soupçonné de se livrer à la magie. On l’accusa maintenant de charlatanisme, même dans l’exercice de cette profession douteuse.
      Cet homme était en réalité un soufi. Il décourageait ceux qui croyaient passionnément à leur propre sincérité. Ceux-là ne sont, presque toujours, que superficiellement sincères. Ils vivent dans l’illusion. Parce qu’ils s’aveuglent, nourrissent des préjugés en leur faveur, il est difficile de les aider. Leur conviction est plus forte que leur sincérité.
      L’influence bienfaisante d’Abdulwahid Ibn Aswad continue de se faire sentir, son travail continue de porter des fruits. Mais à cause des méthodes auxquelles il eut recours pour se cacher et se protéger, rares sont les soufis qui peuvent aujourd’hui mentionner la dette dont tout homme sur terre lui est redevable.

 

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Pas de réponses à “Le magicien (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Attacher un homme libre par l’amour vaut mieux que libérer mille esclaves.
    Omar Khayyam.

  2. unpeudetao dit :

    L’occasion est précieuse, et le temps est une épée.
    Saadi.

  3. unpeudetao dit :

    Le nuage de fumée a fait craindre l’incendie et provoqué la frayeur, mais il n’y a pas eu d’incendie.
    Proverbe

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