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27 avril, 2012

Le maître d’école (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 0:16

 

      La science possède deux ailes mais l’intuition n’en a qu’une. Chaque fois que l’oiseau du doute tente de s’envoler du nid de l’espoir, il tombe à terre car il n’a qu’une aile : celle de l’intuition.
      Il y avait une fois un maître d’école qui était très exigeant avec ses élèves. Ceux-ci se mirent bientôt à chercher une solution pour se débarrasser de lui. Ils se disaient :
      « Comment cela se fait-il qu’il ne tombe jamais malade ? Cela nous donnerait l’occasion d’avoir un peu de repos. Nous serions ainsi libérés de cette prison que l’école est pour nous. »
      Un des élèves proposa son idée :
      « Il faut que l’un de nous dise au maître : « Ô mon maître ! je trouve que votre visage est bien pâle ! Vous avez certainement de la fièvre ! » Il est certain que ces paroles auront de l’effet sur lui mais il n’en sera pas pour autant convaincu. Mais, lorsqu’il pénétrera dans la classe, vous direz tous ensemble : « Que se passe-t-il, O maître ? Que vous arrive-t-il ? » Quand un troisième, puis un quatrième, puis un cinquième lui auront répété cette même chose d’une mine attristée, nul doute qu’il sera convaincu ! »
      Le matin suivant, tous les élèves se mirent à attendre leur maître afin qu’il tombe dans leur piège. Celui qui avait proposé l’idée fut le premier à le saluer et à lui annoncer la mauvaise nouvelle. Le maître lui dit :
      « Ne dis pas de choses insensées ! Je ne suis pas malade. Regagne ta place ! »
      Mais la poussière du doute s’était infiltrée dans son coeur. Quand tous les enfants, les uns après les autres, se mirent à lui répéter la même chose, il commença à croire qu’il était réellement malade.
      Quand un homme marche sur un mur élevé, il perd son équilibre lorsque le doute s’empare de lui.
      Le maître décida alors d’aller se mettre au lit. Il fut pris d’une grande rancune envers sa femme car il se disait :
      « Comment se fait-il qu’elle n’ait même pas remarqué la couleur de mon visage ? Il semble bien qu’elle ne s’intéresse plus à moi. Peut-être espère-t-elle en épouser un autre… »
      Plein de colère, il ouvrit la porte de sa maison. Sa femme, surprise, lui dit :
      « Que se passe-t-il ? Pourquoi rentres-tu si tôt ? »
      Le maître d’école répliqua :
      « Es-tu devenue aveugle ? Ne vois-tu pas la pâleur de mon visage ? Tout le monde s’en inquiète mais toi, cela te laisse indifférente ! Tu partages mon toit, mais tu ne te préoccupes guère de moi. »
      La femme lui dit :
      « Ô mon maître ! Tu te fais des idées. Tu n’es pas malade !
      – Ô femme vulgaire ! s’emporta le maître, si tu es aveugle, ce n’est certes pas ma faute ! Je suis bel et bien malade et la douleur me torture.
      – Si tu veux, lui dit sa femme, je vais t’apporter un miroir. Tu verras ainsi quelle mine tu as et si je mérite d’être traitée ainsi.
      – Va-t’en avec ton miroir ! Va plutôt préparer mon lit car il me semble que je me sentirai mieux si je m’allonge. »
      La femme alla donc préparer son lit mais elle se dit :
      « Il fait semblant d’être malade pour m’éloigner de la maison. Tout cela n’est qu’un prétexte. »
      Une fois au lit, le maître se mit à se lamenter. Alors l’élève qui avait eu cette idée astucieuse dit aux autres :
      « Sa maison n’est pas loin. Récitons nos leçons de la voix la plus forte possible et ce bruit ne fera qu’augmenter ses tourments. »
      Au bout d’un moment, le maître n’y tint plus et alla dire à ses élèves :
      « Vous me donnez mal à la tête. Je vous autorise à rentrer chez vous. »
      Ainsi, les enfants lui souhaitèrent un prompt rétablissement et reprirent le chemin de leur maison, ainsi que des oiseaux en quête de graines. Quand les mères virent que les enfants jouaient dans les rues à l’heure de l’école, elles les réprimandèrent sévèrement. Mais les enfants répondirent :
      « Ce n’est pas notre faute. C’est par la volonté de Dieu que notre maître est tombé malade. »
      Les mères leur dirent alors :
      « Nous verrons demain si vous dites la vérité. Mais, gare à vous si c’est un mensonge ! »
      Le lendemain, les mères des écoliers allèrent rendre visite au maître et elles constatèrent qu’il était gravement malade. Elles lui dirent :
      « Mais, nous ne savions pas que vous étiez malade ! »
      Le maître répliqua :
      « Moi non plus, je ne le savais pas ! Ce sont vos enfants qui m’en ont informé ! »

 

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