16 août, 2016

Le nuage, Claude ARBAN

Classé dans : — unpeudetao @ 5:17

– Mère, vois-tu ce beau nuage

Là-bas, là-bas, à l’horizon ?

On dirait un cygne qui nage,

Et regagne en paix au rivage

Son lit de mousse et de gazon.

On dirait l’oiseau blanc des Îles,

Qui, redoutant nos durs hivers,

Court à travers les airs mobiles,

Chercher des climats plus fertiles

Où les arbres sont toujours verds.

On dirait une âme appâlie,

Qui pour toujours a dit adieu

Aux chagrins amers de la vie,

Et dans sa première patrie

Vole joyeuse, au sein de Dieu.

Beau nuage ! un instant arrête…

Qui que tu sois, j’aime à te voir,

Comme les rêves du poète,

Flotter au dessus de ma tête,

Balancé par le vent du soir.

Mais c’est en vain que je l’appelle :

Vois, mère, le méchant qu’il est,

À la brise entrouvrant son aile,

Là-bas, derrière la tourelle,

Il glisse, glisse et disparaît.

– Pauvre chéri, ce beau nuage

À l’horizon, là-bas, là-bas….

Du bonheur sur terre est l’image :

Enfant, vieillard, fou comme sage

L’appellent…. mais il ne vient pas !

Claude ARBAN (XIXe siècle), canadienne.

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