12 juin, 2013

01. Première étape : une décision

Classé dans : — unpeudetao @ 19:57

Ne plus accepter le chemin de la vengeance pour régler une situation d’injures, de blessures, de trahison. C’est très important que cette décision soit prise avant que l’offense arrive. Lorsque l’offense arrive, si cette décision n’est pas prise, vous allez penser immédiatement à cet aspect de vengeance et vous allez en prendre le chemin. Il y a quelque temps, quelqu’un m’a coupé en voiture, j’ai tout de suite pensé « attends, je vais te couper à ton tour ! » Et puis aussitôt après le réflexe « Jean, tu as pris la décision de ne plus jamais te venger dans ta vie ». Quelquefois, des collègues parlent mal de moi et comme me vient à l’idée d’en faire autant à leur endroit, je me rappelle ma décision et je me tais.

 

C’est une décision qu’on doit prendre avant que l’offense arrive. Cela va vous aider non seulement pour la vengeance active mais aussi pour la vengeance passive. Quand je me sens déprimé, quand quelque chose ne va pas je me dis « Jean, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as été blessé. Qu’est-ce que tu fais de cela ? Est-ce que tu te victimises, est-ce que tu entretiens une sorte de vengeance passive à l’intérieur de toi? » J’essaie de me saisir dans cet élan que je pourrais avoir de me venger des personnes.

 

L’autre élément de la première étape est très important. C’est de faire cesser l’offense. Vous ne dépensez pas d’énergie dans le pardon tant que la personne perpétue son offense sur vous. Pour moi, c’est une autre décision dans ma vie. A l’Université où je suis, un jour, j’entends dire qu’un professeur parle contre moi, contre mon enseignement, ma recherche et ma vie personnelle. Un étudiant vient me voir et me dit « Jean, tel professeur parle contre toi ! »
Je lui ai envoyé un petit mot où je disais « Monsieur le Professeur, si vous voulez bien ne pas parler de moi à vos étudiants. Ce n’est pas nécessaire. »
Il me répond par écrit « vous devenez paranoïaque, ce n’est pas parce qu’on fait une remarque de temps en temps… »

 

Un mois plus tard les étudiants me rapportent « il continue à parler contre toi ». Cette fois-ci, je lui envoie ce mot « Monsieur le Professeur, je vous convoque chez le Directeur et on doit régler cette situation-là une fois pour toutes ! » Dans ma tête c’était « pour que je puisse lui pardonner, il faut qu’il arrête de parler contre moi ».

 

Le Directeur m’a fait venir et m’a demandé s’il pouvait lui parler seul à seul. J’ai accepté et je lui ai aussi proposé de lui présenter les étudiants.
Après cela, le Professeur m’a envoyé une lettre gentille en me disant que c’était fini. Et là, je pouvais commencer à lui pardonner. C’est important que l’offense cesse. On a accusé les chrétiens d’être une bande de trouillards, une bande de peureux qui se jettent dans le pardon au lieu de se défendre et c’était un peu vrai.

 

Le pardon doit commencer par un acte de courage qui consiste à faire cesser l’offense. Tant que la personne vous offense, vous ne mettez pas votre énergie dans le pardon. Vous savez que vous allez lui pardonner éventuellement. La première énergie à déployer c’est pour qu’elle arrête cette offense. Ce n’est pas facile. C’est comme moi avec mon professeur. L’autre étape, si la rencontre avec le Directeur n’avait rien produit, c’était d’aller chercher un avocat et d’amener le professeur en justice. Il fallait que ça cesse. Une femme battue doit absolument faire quelque chose pour se sortir de là.

 

Il y a quand même quelque chose de délicat « comment faire cesser l’offense sans s’en aller vers la violence ? » J’aurais pu être violent avec ce type-là.
J’ai décidé d’employer les moyens humains qui m’étaient donnés et ensuite les moyens de confrontation avec la Direction, et ensuite j’aurais été au niveau des avocats. J’étais prêt à une escalade, mais pas à une escalade dans la violence parce que si j’attaque quelqu’un à mon tour, cela veut dire que moi-même je suis rentré dans la vengeance. Cela demande du courage parce que parfois ce n’est pas facile, mais c’est la direction à prendre. C’est Gandhi qui nous a enseigné, inspiré aussi par Jésus Christ, la résistance passive ou la non-violence pour faire cesser une injustice qui nous est faite. Cela, je le fais d’une manière systématique dans ma vie. Cela m’est arrivé trois fois avec des confrères oblats.

 

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02. Deuxième étape : reconnaître l’offense :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-pardon-jean-montbourquette/02-deuxieme-etape-reconnaitre-loffense/

 

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