12 juin, 2013

03. Troisième étape : partager avec quelqu’un

Classé dans : — unpeudetao @ 18:42

Une fois que vous êtes en contact avec votre blessure intérieure, allez en parler avec quelqu’un, allez l’objectiver avec une personne. Tant qu’on n’a pas exprimé cette blessure, le danger, c’est qu’elle s’en aille d’une manière inconsciente de notre vie. A ce moment-là, on reste blessé. Les personnes qui viennent me voir en tant que psychothérapeute ont de l’anxiété, sont mal dans leur peau, déprimées et c’est grâce à la parole qu’on arrive à les libérer.

 

Il y a quantité de personnes qui se promènent dans la vie, toutes fragmentées, pas réconciliées. Ce sont des grandes blessures et c’est souvent dans leur relation avec une autre personne que ça peut sortir. C’est pour cela qu’on a besoin de communautés chrétiennes. Nous, les chrétiens, souvent on dit « mais où sont les pauvres ? Comment pourrait-on les aider ? » Et à côté, il y a des personnes qui se meurent de ne pas être capables de parler de leur souffrance, de ne pas être capables de s’exprimer, de ne pas être capables de se dire.

 

Ce n’est pas normal qu’on paye 500frs à un professionnel pour qu’il puisse nous écouter et qu’on n’ait pas de communauté à qui parler. Le premier apostolat à faire pour nous, les chrétiens, ce serait de s’écouter les uns les autres. Au Québec les gens ne se confessent plus, ils vont rencontrer le prêtre pour raconter leurs malheurs. Et parfois le Père dit « mais vous n’avez pas de péchés ? Il faudrait que vous me disiez vos péchés »

 

Mais si le Père continue d’écouter, les gens vont lui dire pourquoi ils ont eu des gestes malencontreux ou peccamineux, c’est parce qu’ils souffrent intérieurement.
On aurait des défilés en confession, si on se mettait à écouter les gens. Maintenant c’est les cabinets de psychologues qui font cela.

 

L’essentiel, ce serait d’aller voir son offenseur, de le regarder dans les yeux et de lui dire « quand tu as fait telle chose, je me suis senti comme ça ».
C’est un risque à prendre parce que la personne peut dire « ah, c’est ton problème ». Mais je peux vous dire que depuis un certain temps, quand je fais cela, la plupart des gens me disent « ah, je n’ai pas voulu te faire mal, j’étais fatigué ».

 

Une fois, dans ma communauté, j’étais en train de regarder la télévision. Il y avait une canette de coca à côté de ma chaise et j’ai été appelé au téléphone.
A mon retour quelqu’un avait pris ma place. Voici que l’Econome rentre. Il voit la canette et il dit « à qui cette canette-là » en la pointant vers moi ? à qui ? à qui ? » J’ai vu des sourires sur tous les visages. J’ai la réputation d’être distrait dans la communauté. Je ne suis pas distrait, j’ai des distractions, ce n’est pas pareil. Et dans la tête, j’ai eu une orgie de violence, je me suis payé la fantaisie de lui couper le cerveau en lamelles.

 

Et tout à coup ma décision de ne pas me venger est arrivée et j’ai décidé de lui parler. J’ai choisi mon temps, le lendemain. Je me suis assis près de lui et j’ai dit »tu sais, hier, quand tu as pris la canette et que tu t’es mis à crier en la pointant vers moi, je me suis senti humilié, je me suis senti fâché.  » Là, il m’a regardé tout étonné et m’a dit « Jean, excuse-moi, je peux te parler. Je suis fatigué en ce moment. »

 

Il m’a parlé durant deux heures de temps. Si vous commencez à parler aux gens de ce qui se passe à l’intérieur de vous, il va se créer un climat d’intimité.
Ce serait fantastique si les couples commençient à se dire ce qu’ils vivent l’un par rapport à l’autre. J’ai très rarement rencontré dans ma vie des personnes vraiment sadiques. J’ai rencontré plusieurs personnes qui, en étant malheureuses, créaient de l’animosité.

 

Souvent quand on parle de pardon, on évoque telle personne qui a pardonné à l’assassin de sa fille, mais c’est plutôt rare qu’on ait à pardonner aux assassins de nos familles. Mais combien de fois on a à pardonner aux personnes qui nous entourent, à nos familiers, à nos intimes, à notre mari, à notre épouse, à notre enfant. Le pardon, c’est quelque chose de quotidien et c’est là qu’il faut commencer

 

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04. Quatrième étape : très bien identifier sa blessure :
http://unpeudetao.unblog.fr/le-pardon-jean-montbourquette/04-quatrieme-etape-tres-bien-identifier-sa-blessure/

 

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