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11 mai, 2012

Le parfum du prophète (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:20

 

      Une caravane parvint un jour dans un village. Là, les voyageurs aperçurent une porte entrouverte. L’un d’eux proposa :
      « Défaisons notre charge et restons ici quelques jours en attendant que cesse le froid. »
      À ce moment, on entendit une voix, provenant de l’intérieur de la maison, qui disait :
      « Laissez vos charges dehors avant de rentrer ! »
      Ne t’encombre pas de ce qui doit rester à l’extérieur car tu es convié à une réunion importante.
      L’homme qui venait de parler était un esclave qui avait pour charge de s’occuper des chevaux. Il avait un nom d’esclave mais, en réalité, c’était un sultan. Le bey, son maître, ne connaissait par sa réelle valeur et le considérait comme Satan considérait Adam. Un jour, cet esclave tomba malade et son état fut révélé au prophète. Mais son maître, le bey, s’occupait si peu de lui qu’il ne savait rien de sa maladie. Pendant neuf jours, l’esclave, qui s’appelait Hilal, souffrit sans que quiconque s’en aperçoive.
      Le prophète reçut une révélation lui disant d’aller rendre visite à un nommé Hilal qui était un homme attiré par lui.
      Quand le bey fut averti de ce qu’il allait avoir l’honneur de recevoir la visite du prophète, il crut que c’était lui qu’on venait voir et sa joie ne connut pas de bornes. Il était prêt à combler de cadeaux le messager venu lui porter la nouvelle. Il embrassa la terre avec ferveur et s’écria :
      « Soyez les bienvenus ! Votre présence honore ma demeure ! Que ces lieux deviennent un paradis ! Que mon palais s’enorgueillisse de vous recevoir sous son toit ! »
      Mais le prophète lui dit :
      « Ce n’est pas toi que je viens visiter !
      – Que mon âme soit sacrifiée pour toi ! s’écria le bey. Qui désires-tu voir ? Quels sont tes ordres ? Que je sois transformé en poussière sous les pas de celui à qui tu fais cette faveur ! »
      Le prophète dit :
      « Où est donc Hilal ? Lui qui est étendu à terre à cause de sa modestie ! Je voudrais bien avoir de ses nouvelles.
      – Je ne savais pas qu’il était malade, dit le bey. Je ne l’ai pas vu depuis quelques jours. Il passe son temps avec les chevaux et les mules. C’est mon palefrenier et il loge dans l’écurie que tu peux voir là-bas. »
      Le prophète se dirigea vers l’écurie.
      L’instant de sa visite fait disparaître l’ombre et la poussière. Hilal avait senti le parfum du prophète comme Jacob avait senti celui de Joseph. Mais les miracles ne sont pas nécessaires pour l’homme de foi. Ils ne servent qu’à détruire les ennemis et ne sont pas faits pour les amis. Donc, tandis qu’il dormait, Hilal fut réveillé par un parfum. Il se dit :
      « D’où provient ce parfum ? Quelle est cette odeur agréable dans l’écurie ? »
      Et soudain, il aperçut, entre deux chevaux, la robe du prophète. Il se précipita pour lui embrasser les pieds. Le prophète mit son visage contre le sien et l’embrassa.
      « Ô solitaire en ce monde ! Comment vas-tu ? »
      Hilal répondit :
      « Quand le soleil naît dans la bouche de l’insomniaque, dans quel état ce dernier pourrait-il être ? Quand l’eau submerge celui qui a soif au point de manger de la terre, quel peut être l’état de cet homme ? Quand un chien qui rêve qu’il est un lion se réveille soudain, dans quel état peut-il être ? »

 

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