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18 décembre, 2012

Le sourire, Charles FUSTER

Classé dans : — unpeudetao @ 4:13

On ne peut pas rire toujours ;
Du moins on peut toujours sourire.
Il est de douloureux amours,
Mais nul constamment ne soupire.

 

On se sourit, sans se parler,
Lorsque la raison rend ses armes ;
Lorsque, hélas ! il faut s’en aller,
On sourit pour cacher des larmes.

 

Il est des sourires d’esprit,
Aux sous-entendus de malice :
J’aime mieux le coeur qui sourit
Même au profond d’un dur supplice.

 

Le sourire est fin, nuancé ;
Le sourire est aristocrate.
On sourit quand on a pensé :
C’est le sourire de Socrate.

 

On sourit lumineusement
Lorsqu’on a voulu le martyre,
Et c’est dans un rayonnement
Que je crois voir Jésus sourire.

 

C’est par le sourire attendri
Qu’une jeune mère est touchante ;
Son regard lui-même a souri,
Ses yeux disent que son coeur chante.

 

L’enfant sourit, dans le brouillard
Des rêves qu’un rayon effleure,
Mais le sourire d’un vieillard,
C’est la lumière intérieure.

 

Car l’être humain redoute un peu
Toute joie altière et bruyante :
Il préfère aux midis en feu
Une pénombre souriante.

 

Il est des sourires muets
D’êtres que leur chagrin rassemble ;
Il en est aussi d’inquiets,
Ceux de la tendresse qui tremble.

 

L’humble sourire est trop discret
Pour provoquer la destinée ;
Il apparaît, il disparaît,
Mais l’âme en reste illuminée.

 

Ce n’est pas l’or pur du bonheur,
C’en est la petite monnaie..
Dieu, demandant beaucoup au coeur,
Permet qu’ainsi le coeur se paie.

 

Des enfants passent : sourions !
Sourions au couple qui rêve !
D’un sourire, remercions
Pour chaque minute de trêve !

 

Sourions, en portant secours
À l’être qu’un tourment déchire,
Et tâchons, au soir de nos jours,
D’être assez vaillants pour sourire.

 

Charles FUSTER (1866-1929).

 

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Une réponse à “Le sourire, Charles FUSTER”

  1. Cochonfucius dit :

    Eve, sans le vouloir, a fait sourire Adam ;
    Les voilà tous les deux riant à belles dents,
    Et peu de temps après, l’un à l’autre ils se donnent.
    Le Créateur caché au jardin s’en étonne.

    Car, par leurs sentiments, les humains le désarment.
    Ah, comme il a du mal à supporter l’oeil bleu
    D’un repentant pécheur, soudain rempli de larmes !
    L’homme a pouvoir sur lui dès qu’il est malheureux.

    C’est pour cette raison que Dieu devint le père
    D’un enfant qui grandit dans une humble chaumière,
    D’un enfant dans lequel battait un pauvre coeur
    Capable de souffrir et de verser des pleurs.

    A présent, Dieu connaît la peine et la souffrance,
    Même la plus amère, apportée par l’amour.
    Et c’est depuis ce temps (ou du moins, je le pense)
    Que Dieu se manifeste avec un peu d’humour.

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