• Accueil
  • > Le testament de l’initié, Rudyard KIPLING

16 septembre, 2016

Le testament de l’initié, Rudyard KIPLING

Classé dans : — unpeudetao @ 13:22

Je ne suis qu’un homme parmi les hommes,

Mais j’ai répondu sous le bandeau et j’ai gravi les trois marches.

J’ai vu l’étoile flamboyante, j’ai fait le signe.

Je suis un maillon de la Chaîne ! La Chaîne est longue.

Elle remonte jusqu’au siècle d’Hiram, et peut-être plus loin encore.

On  trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le  ciel pur de l’Orient, dans ces plaines où s’élevaient les temples  colossaux, poèmes purs de la puissance et de la gloire.

On trouve  notre signe sur les papyrus que l’âge a teinté d’ocre, sur les feuilles  où le calame a tracé les phrases les plus belles qu’un être ait pu  lire.

On trouve notre signe sur les hautes cathédrales aux sommets sublimes aérés par les vents des siècles.

On  trouve notre signe jusque sur les conquêtes de l’esprit qui font  l’humanité meilleure, sur la partition de Mozart, sur la page de Goethe,  le livre de Condorcet, les notes d’Arago.

Et pourtant, je ne  suis qu’un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil, heureux de  servir à sa place, à son rang, je ne suis qu’un maillon de la Chaîne,  mais je me relie à l’Univers dans l’espace et dans le temps.

Je ne vis qu’un instant, mais je rejoins l’Eternel.

Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne hais point, je ne sais point haïr.

Je  pardonne au méchant parce qu’il est aveugle, parce qu’il porte encore  le bandeau, mais je veux l’empêcher de mal faire, de détruire et de  salir.

A ma place, debout et à l’ordre, j’ai travaillé de mon mieux.

Dans toutes les heures de la vie, mon coeur est demeuré fidèle.

Je  me suis dépouillé des métaux, j’ai combattu jusqu’à la limite de mes  forces le fanatisme et la misère, la sottise et le mensonge.

Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l’on appelle la mort.

J’espère supporter la souffrance avec l’aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subit parce que c’est la loi commune.

J’aurais dégrossi la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l’équerre et le compas

Quand je partirai, formez la Chaîne.

Rien  ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car  je vous laisserai le meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière, mes  Frères.

Rudyard KIPLING (1865-1936), britannique.

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose