7 juillet, 2009

3. La personne qui s’est changée elle-même

Classé dans : — unpeudetao @ 6:55

 

 

LA PERSONNE QUI S’EST CHANGÉE ELLE-MÊME

 
ne cherche pas à changer les autres.

 
Elle perçoit ceux-ci différemment et n’est plus obsédée par « l’erreur », « l’immoralité » ou « l’ignorance » d’autrui: elle est trop consciente de ses propres
obstacles et faiblesses pour tomber dans ce travers. Son aide consistera à aimer au lieu de vouloir convertir. (Dieu sait qu’on a besoin d’apprendre à
aimer plutôt que de viser à convertir. Selon l’évangile, c’est le commandement unique et qui comprend tout; et comme dit saint Paul, même si on a tout
le reste (y compris le pouvoir d’électriser et de convertir les foules) si on n’a pas l’amour-compassion on ne vaut strictement rien.)

 
Il est d’ailleurs beaucoup plus difficile de simplement accepter les autres tels qu’ils sont que de les cuisiner et manipuler en vue de les transformer
à notre image ou à notre point de vue, d’en faire des « convertis ». Cela vicie toute l’approche et fait entrer la politique dans la religion. Celui qui
s’est changé lui-même verra cela. Il comprendra qu’on ne peut vraiment sauver personne d’autre de l’extérieur, qu’on peut au plus permettre à l’autre de
se trouver et se changer ou lui offrir un climat, un espace lui permettant d’être vraiment de qu’il est, de se déployer en toute aise, pour ensuite progresser
dans le sens qu’il jugera le meilleur, à son rythme propre et au moment où il le voudra. Si cet autre veut se faire bouddhiste alors que nous sommes chrétiens,
c’est notre devoir de l’y conduire ou à tout le moins de n’y pas mettre d’obstacle, si subtil qu’il soit. Cela demande, on le soupçonne, une grande force
de détachement.

 
« Mais comment pouvez-vous parler ainsi? N’est-ce pas la porte ouverte à toute permissivité, n’est-ce pas l’absence totale de règle, du sens de la tradition,
du respect pour ce que nous croyons être la vérité? Et comment concilier cela avec ce que le Seigneur nous dit: « Allez enseigner toutes les nations »? »
Oui, j’entends tout cela. Mais si nous essayons une seule fois d’aimer plutôt que de vouloir convertir quelqu’un, nous commencerons déjà de le voir autrement.
On est d’ailleurs libre d’en faire l’essai. Je ne veux pas à mon tour convertir personne à ma façon de voir, mais simplement exprimer ce que j’ai moi-même
traversé, enduré, vécu. Si vous croyez que votre chemin est le bon, ne vous embarrassez pas du mien, ou de tout autre.

 
Ce qu’il y a à enseigner « aux nations » ce n’est pas le Christianisme en tant que doctrine ou morale. Il ne faut en fin de compte rien « enseigner » comme
une somme d’informations. On n’enseigne que ce que l’on est. On ne sait que ce que l’on est. Les mots sont au plus des commentaires quand ils ne sont pas
en contradiction avec le vécu. Allez montrer aux hommes du monde entier ce que c’est que d’être un fils de Dieu vivant pleinement cette réalité et vous
ne vous poserez plus alors de question quant à votre efficacité. N’allez même pas leur montrer : si vous l’êtes ce fils, on vous reconnaîtra, car « tout
ce qui est caché sera découvert ». Mais n’allez surtout pas leur raconter à ces nations « ce qu’il faut croire », n’allez pas leur dire: « voici ce qui est
arrivé: Jésus est né dans une étable ». Car s’il n’est pas né en vous, à quoi cela sert-il?

 

 

2 réponses à “3. La personne qui s’est changée elle-même”

  1. unpeudetao dit :

    Bonsoir chère Valérie!
    En « réponse », je te dépose une petite prière..
    Très amicalement!

    Prière des clés

    Nous vivons, Seigneur,
    dans un monde fermé à double tour,
    verrouillé par des milliers, des millions de clés.
    Chacun a les siennes :
    celles de la maison et celles de la voiture,
    celles de son bureau et celles de son coffre.
    Et comme si ce n’était rien que tout cet attirail,
    nous cherchons sans cesse une autre clé :
    clé de la réussite ou clé du bonheur,
    clé du pouvoir ou clé des songes..

    Toi, Seigneur, qui as ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds,
    donne-nous aujourd’hui la seule clé qui nous manque :
    celle qui ne verrouille pas, mais libère ;
    celle qui ne renferme pas nos trésors périssables,
    mais livre passage à ton amour ;
    celle que tu as confiée aux mains fragiles de ton Eglise :
    la clé de ton Royaume.

    François Séjourné

  2. valerie dit :

    Ce texte est génial!
    Il est l’essence même de la reconnaissance de la liberté et du droit d’ETRE de chacun.
    Rien à dire de plus… Le relire et le faire passer pourquoi pas..

    Amitié
    Valérie

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