7 juillet, 2009

5. LE PASSAGE DE L’INTOLÉRANCE À LA TOLÉRANCE

Classé dans : — unpeudetao @ 6:59

 
C’est une des clés centrales du progrès spirituel. Établir la paix tout d’abord avec soi-même et ne pas s’en vouloir d’être où l’on est, ou comme on est.
Il n’y a pas d’état ou de moment privilégié pour suivre la Voie: tous les moments sont bons, tous les humains peuvent y avoir accès, tous les tempéraments
ont leur place et peuvent servir. Ce ne sont pas les prédispositions caractérielles qui comptent autant que l’attitude que l’on prend vis-à-vis de toutes
ces données. Rien ne peut nous nuire que dans la mesure où on se laisse affecter ou impressionner: c’est la perception, la réaction qui fait le perçu,
c’est l’interprétation de la chose, de l’événement ou de la personne aimée ou détestée qui nous touche vraiment, non  la chose elle-même, l’événement ou
la personne.

 
C’est notre accueil, notre perception qui rend les êtres et les situations offensifs autant que leurs propres dispositions. Car chaque événement désagréable,
chaque personne détestable ne l’est que par notre perception émotive, c’est-à-dire que l’événement ou la personne nous blesse parce qu’il y a en nous un
point sensible qui est de connivence avec la vibration qui pénètre. C’est le phénomène de résonance. Les choses blessantes le sont parce qu’on les perçoit
ainsi, parce que notre mental-émotion-sensation y projette une coloration. C’est de ces réactions émotives qui empoisonnent nos vies, qu’il s’agit de prendre
enfin conscience. C’est un cas où la bête perd son poison d’être perçue comme non venimeuse.

 
Cet observateur qui reconnaît sans être impliqué n’est pas en réalité un observateur, c’est-à-dire un être distinct, mais l’absence de tout ce qui en nous
se prend pour quelqu’un d’autre. Le Soi, c’est cette dimension sans voiles, sans horizons, sans murs, transparente, lumineuse et sans faiblesse, qui nous
habite, bien plus, qui est nous-même, le meilleur de nous, le seul vrai nous-même, le divin en nous. Le Soi n’est pas l’intelligence. Il n’est pas quelque
chose ou quelqu’un, il n’a pas de forme, et ne peut donc être saisi, objectivé, compris. Il est au-delà du nom et de la forme. Cette « fonction pure » qui
voit tout mais sans juger, est donc un « être » qu’on ne rencontre qu’après avoir dépassé l’ego.

 
Lorsque le rideau se lève, il n’y a personne sur scène. Il n’y a justement plus de scène et de spectateur. Car une fois disparu l’ego, les voiles de l’interprétation
illusoire, il n’y a plus personne. Il n’y a plus de je. Ce qui reste, c’est une conscience de diamant, claire, durable, qui ne dit plus je, qui est identifiée
à toutes choses, qui habite toutes choses, qui est le Tout de l’intérieur. Tous les êtres deviennent son corps. Il n’y a plus de « ils » et de « nous ». Tout
est JE. Il n’y a plus rien à connaître là-bas. Car il n’y a plus de là-bas. Il n’y  a qu’ici cela, aujourd’hui, son, silence, lumière, paix et simplicité.
Le mental n’a pas ce qu’il faut pour comprendre cela. C’est pourquoi il doit disparaître. S’il veut que cela se révèle. L’ego veut voir le Soi, en même
temps que rester ego, avoir les deux simultanément. Mais il ne peut sortir de l’aquarium sans mourir. A ce stade, tout a changé, mais d’une façon, rien
n’a changé: on est simplement libéré du mental, de tout concept qui empêchait de vivre entièrement l’instant, on fait son marché, on prépare les repas,
on va au bureau, on se couche, on joue avec les enfants, comme avant. Mais dans une liberté complète et sans aucune peur. La vie ne continue pas : elle
commence à l’instant. Le Bonheur, c’est cela.

 
On ne peut sortir de l’aquarium qu’en reconnaissant « qu’on y est ». Mais reconnaître qu’on y est veut dire faire l’inventaire complet des assujettissements,
des contraintes, des bornes-limites de la vie en aquarium. C’est assumer complètement sa culture, avant de pouvoir la dépasser. C’est connaître à fond
les ombres et les lumières dans le domaine de son ego, sans se raconter d’histoires, sans se leurrer, sans se cacher ses faiblesses. On ne dépasse que
ce qu’on a parfaitement accepté.

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