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4 novembre, 2013

Les Hirondelles, Alphonse Esquiros

Classé dans : — unpeudetao @ 18:20

Le peuple des oiseaux, comme celui des hommes,
              A des penchants divers ;
Les uns quittent aussi le pays où nous sommes
              En fuyant les hivers ;

 

D’autres dans les sillons d’une mer orageuse
              Aiment à se croiser ;
Et le nocher pliant sa toile aventureuse
              Voit leur ombre passer.

 

Quand la faux a tondu la blonde chevelure
              De nos champs moissonnés,
Plusieurs glanent l’épi qui doit sous la ramure
              Nourrir leurs nouveau-nés.

 

L’un cherche le grand jour, l’autre fuit la lumière
              Et veut l’obscurité ;
L’un au palais des rois, l’autre sous la chaumière
              Prend l’hospitalité.

 

Mais dans ce lieu d’exil, pour compagne fidèle,
              Parmi tous les oiseaux,
Mon cœur par sympathie a choisi l’hirondelle
              Qui vole sur les eaux.

 

Comme elle nous passons, comme elle, dans ce monde,
              Cherchons des cieux meilleurs.
Et nous allons tous deux, rasant la mer profonde,
              Nous reposer ailleurs !

 

Tu cherches le printemps, hirondelle légère,
              Et l’homme le bonheur ;
Tu dois l’aller trouver sur la rive étrangère,
              Et lui dans le Seigneur.

 

Alphonse Esquiros (1814-1876).

 

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