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20 janvier, 2012

Les Larmes, Augustine-Malvina BLANCHECOTTE

Classé dans : — unpeudetao @ 3:49

 

Si vous donnez le calme après tant de secousses,
Si vous couvrez d’oubli tant de maux dérobés,
Si vous lavez ma plaie et si vous êtes douces,
          Ô mes larmes, tombez !

 

Coulez ! coulez longtemps et sans mesurer l’heure ;
Laissez dans le sommeil mes esprits absorbés ;
La douleur est moins vive alors que l’âme pleure :
          Ô mes larmes, tombez !

 

Mais si comme autrefois vous êtes meurtrières,
Si vous rongez un coeur qui déjà brûle en soi,
N’ajoutez pas au mal, respectez mes paupières :
          Ô larmes, laissez-moi !

 

Oui, laissez-moi ! je sens ma peine plus cuisante,
Vous avez évoqué tous mes rêves perdus :
Pitié ! laissez mourir mon âme agonisante ;
          Larmes, ne tombez plus !

 

Augustine-Malvina BLANCHECOTTE (1830-1897), née Souville.

 

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