30 décembre, 2014

Les mains, Noël BAZAN

Classé dans : — unpeudetao @ 15:03

Il est des mains que j’adorais Et qui, sur les touches sonores, Évoquaient pour moi des aurores Éclairant de vastes forêts.

 

Il est des mains, souvent baisées, Qui, sur les claviers de cristal, Pour moi, du monde occidental, Évoquaient les splendeurs brisées.

 

Il est des mains aux tons pâlis, Nerveuses, malgré leur finesse, Et qui chantaient pour ma jeunesse Avec la voix des bengalis !

 

Du léger brouillard de dentelles, Cadre exquis de leur royauté, Elles faisaient, dans la clarté, Monter des frémissements d’ailes.

 

Elles faisaient, dans l’air des soirs Qu’alourdissait l’odeur des roses, Resplendir des apothéoses Ou sangloter des désespoirs.

 

Maintenant.. C’est vrai.. Tout s’efface.. Ils ont cessé, le chant vainqueur Et la chanson triste, et mon cœur Regarde l’ombre face à face.

 

Ainsi que l’oiselet des bois Quand le givre étreint les ramées, Les petites mains bien-aimées N’ont plus de chaleur ni de voix.

 

On leur a mis des fleurs nouvelles, On a clos leurs doigts refroidis, Et je m’en vais au Paradis Pour rester toujours avec elles !

 

Noël BAZAN (XIXe-XXe siècle).

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose