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22 avril, 2012

Les oiseaux (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 17:33

 

      Le prophète Salomon avait tous les oiseaux pour serviteurs. Comme il entendait leur langage, une amitié s’était nouée entre eux. Il existe ainsi des Indiens et des Turcs qui, bien que parlant des langues différentes, deviennent amis. Il existe aussi des Turcs qui parlent la même langue et deviennent étrangers l’un à l’autre. C’est la langue du coeur qui compte et il vaut mieux s’accorder par cette langue-là que par la parole.
      Donc, un jour, tous les oiseaux se mirent à énumérer leurs vertus et leur science au prophète. Ils n’agissaient pas ainsi par prétention mais seulement pour se présenter à lui car un serviteur fait valoir à son maître les qualités qu’il peut apporter à son service. Quand un esclave est mécontent de son acquéreur, il fait semblant d’être malade.
      Quand vint le tour de la huppe, elle se présenta en ces termes :
      « Moi, en regardant du haut du ciel, je peux deviner l’emplacement des ruisseaux souterrains. Je peux préciser la couleur de cette eau et l’importance de son débit. Une telle faculté peut être précieuse pour ton armée. Ô sultan, offre-moi tes faveurs ! »
      Salomon dit alors :
      « Ô amie ! C’est vrai que l’eau est importante pour mes soldats. Tu seras donc chargée de pourvoir en eau mon armée ! »
      Le corbeau, qui était jaloux de la huppe, prit alors la parole :
      « Il est honteux de soutenir pareille extravagance devant le sultan! Si la huppe avait vraiment le don qu’elle prétend avoir, elle verrait alors les pièges que les hommes lui tendent sur la terre. Or, il n’en est rien et plus d’une huppe est allée habiter les cages que les hommes fabriquent pour elles. »
      Salomon se retourna vers la huppe :
      « C’est vrai, ô huppe ! Ces paroles s’appliquent bien à toi. Pourquoi oses-tu mentir en ma présence ? »
      La huppe de répondre :
      « Ô mon sultan ! Ne me fais pas honte ! N’écoute pas la parole de mes ennemis. Si j’ai menti, alors tranche mon cou de ton épée. Le corbeau est celui qui nie le destin. Quand les circonstances ne masquent pas l’oeil de mon intelligence, je vois fort bien les pièges qui me sont tendus. Mais, parfois un incident vient endormir la science et l’intelligence. Il obscurcit même le soleil et la lune. »

 

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