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21 octobre, 2014

Les pigeons, Jules RENARD

Classé dans : — unpeudetao @ 8:47

I Qu’ils fassent sur la maison un bruit de tambour voilé ;

 

Qu’ils sortent de l’ombre, culbutent, éclatent au soleil et rentrent dans l’ombre ;

 

Que leur col fugitif vive et meure comme l’opale au doigt ;

 

Qu’ils s’endorment, le soir, dans la forêt, si pressés que la plus haute branche du chêne menace de rompre sous cette charge de fruits peints ;

 

Que ces deux-là échangent des saluts frénétiques et brusquement, l’un à l’autre, se convulsent ;

 

Que celui-ci revienne d’exil, avec une lettre, et vole comme la pensée de notre amie lointaine (Ah ! un gage !) ;

 

Tous ces pigeons, qui d’abord amusent, finissent par ennuyer.

 

Ils ne sauraient tenir en place et les voyages ne les forment point.

 

Ils restent toute la vie un peu niais. Ils s’obstinent à croire qu’on fait les enfants par le bec.

 

Et c’est insupportable à la longue, cette manie héréditaire d’avoir toujours dans la gorge quelque chose qui ne passe pas.

 

II LES DEUX PIGEONS : Viens, mon grrros…, viens, mon grrros… viens, mon grrros…

 

Jules RENARD (1864-1910).

 

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