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14 juin, 2012

Les présents (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 4:48

 

      Trois pèlerins apportèrent leur offrande à un maître soufi.
      Le premier lui fit don d’un flacon de parfum précieux ; le deuxième, d’un mouchoir dans lequel il avait noué quelques pièces d’or ; le troisième, d’épices rares, valant leur pesant d’argent.
      Le soufi mit un peu de parfum sur la paume de ses mains, fit cadeau de l’or à un passant, et rendit les épices au troisième pèlerin.
      Certains de ceux qui venaient régulièrement observer les faits et gestes du sheikh discutèrent entre eux la signification de ses actes.
      Ils en conclurent que le don de parfum était accepté : le donateur avait gagné l’approbation du maître, ses réalisations spirituelles, présentes ou à venir, étaient reconnues. Le sage avait fait cadeau de l’or : cela montrait son manque d’intérêt pour les choses matérielles. Il avait refusé les épices : celui qui les lui avait offertes avait manifestement essuyé une rebuffade.
      Puisqu’ils n’étaient pas des soufis initiés, ils ne pouvaient recevoir le vrai message transmis par les actes du soufi. Bien des années plus tard, un maître-enseignant leur donna cette explication :
      « Le sheikh a utilisé le parfum pour faire plaisir au donateur, puisque cet homme en était encore au stade où il avait besoin du soutien d’une récompense visible. Il a fait cadeau de l’or au passant pour enseigner quelque chose au deuxième pèlerin, quelque chose qui lui manquait : la vraie générosité. Il a rendu les épices pour faire comprendre à celui qui les avait apportées que la possession d’épices de grande valeur n’est rien : ce qui comptait, c’était l’effort que celui-ci avait dû accomplir pour les acquérir. Et c’est cet effort qui l’avait déjà transformé et l’avait rendu digne d’utiliser les épices d’une autre façon encore. »
      L’homme en général est très loin de pouvoir interpréter le sens des événements ! Ce n’est que dans le cercle des élus que ces choses sont comprises.

 

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Une réponse à “Les présents (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Si tu te crois trop supérieur pour te servir d’un bout de ficelle, ne t’étonne pas qu’une corde ne fasse pas l’affaire.
    Proverbe.

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