• Accueil
  • > Les reflets dans la jarre (Conte bouddhiste)

18 novembre, 2013

Les reflets dans la jarre (Conte bouddhiste)

Classé dans : — unpeudetao @ 18:11

Le fils d’un notable venait de se marier ; les deux époux s’aimaient et s’estimaient beaucoup.
Le mari dit à sa femme :
 » Allez dans la cuisine et prenez du vin de raisin que vous apporterez pour que nous le buvions ensemble. « 
La femme y alla et elle ouvrit la jarre ; elle vit dans cette jarre le reflet de sa propre personne et pensa qu’il y avait une autre femme. Fort en colère, elle revint dire à son mari :
 » Vous aviez déjà une épouse ; mais vous l’avez cachée dans la jarre et vous êtes ensuite allé me chercher pour m’épouser. « 
Le mari entra lui-même dans la cuisine pour voir ce qu’il en était ; il ouvrit l’amphore et aperçut sa propre image ; il revint donc auprès de sa femme et s’emporta contre elle en lui disant qu’elle avait caché un homme ; tous deux étaient courroucés l’un contre l’autre, chacun d’eux pensant qu’il avait raison.

 

Sur ces entrefaites, un brahmane vint leur rendre visite. Il demanda quelle était la cause de la dispute entre le mari et la femme et alla à son tour regarder ce qu’il en était ; lui aussi vit sa propre image. Il s’irrita contre le fils du notable qui, pensait-il avait caché un de ses amis dans l’amphore, puis avait feint de se disputer avec sa femme ; aussitôt donc il s’éloigna.

 

Plus tard, une nonne, à qui le notable faisait des offrandes, apprit quelle était leur querelle ; elle voulut se rendre compte de ce qu’il en était, aperçut une nonne dans la jarre, et se retira elle aussi fort en colère.

 

Au bout d’un moment, un religieux vint à son tour regarder et comprit qu’il s’agissait d’un reflet. Il s’écria en soupirant :
 » Les hommes de ce monde, ignorants et stupides, prennent le vide pour la réalité. « 
Il appela donc le mari et sa femme pour qu’ils viennent ensemble regarder. Le religieux dit :
 » Je vais faire sortir pour vous les gens qui sont dans la jarre. « 
Il prit alors une pierre et la brisa ; quand le vin se fut écoulé, il n’y avait plus rien. Aussitôt l’intelligence de ces deux personnes se dénoua ; elles comprirent qu’elles avaient eu affaire à un reflet de leur propre corps et chacune d’elles fut pénétrée de confusion.

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose