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13 novembre, 2011

Les sept degrés de la vie contemplative, Maître Eckhart

Classé dans : — unpeudetao @ 1:37

1 : Se réjouir de la noblesse de l’âme.
     Voici ce que disait Maître Eckhart : il y a sept degrés de la vie contemplative. Celui qui veut s’exercer dans la vie contemplative, doit chercher un lieu secret et doit penser, en premier lieu, combien son âme est noble, puisqu’elle s’est écoulée de Dieu sans intermédiaire, et cette considération doit faire entrer l’homme dans une grande joie.

 

2 : La joie grandit à l’image de la Trinité.
     En deuxième lieu, une fois qu’il a bien considéré cela, il doit penser combien Dieu a aimé son âme, puisqu’il l’a créée selon l’image de la Trinité, et tout ce que Dieu est par nature, elle peut l’être par grâce, et de cela, il faut nécessairement que l’homme tombe dans une plus grande joie qu’auparavant, car il est bien plus noble que nous soyons créés selon l’image de la Trinité que d’être seulement créé par Dieu sans intermédiaire.

 

3 : Dieu est amour.
     En troisième lieu, l’homme doit penser combien il est aimé de Dieu éternellement ; car de même que la Trinité a été éternellement, ainsi Dieu a aimé l’homme éternellement.

 

4 : Invitation au partage.
     En quatrième lieu, il faut que l’homme pense comment Dieu l’a invité à jouir éternellement de la même réalité avec Dieu que celle dont Dieu a joui éternellement, et jouira à jamais, et cela, c’est Dieu lui-même.

 

5 : Connaître Dieu dans l’être qui est en soi.
     En cinquième lieu, l’homme doit rentrer en lui-même et connaître Dieu en lui-même, cela se passe ainsi : parce que l’être ne peut pas être sans l’être et que l’être est nourri d’être, car aucun être ne peut être nourri d’une nourriture, avant que cette nourriture ne soit transformée en une nature bienheureuse, comme est celle par laquelle on est nourri ; il faut qu’elle provienne d’un être qui soit lui-même l’être. Or rien n’est par soi-même être, sinon Dieu. C’est pourquoi mon âme ne peut être nourrie par rien d’autre que par Dieu. Et quand l’homme rentre ainsi en lui-même, il trouve Dieu en lui-même. Car si Dieu veut que je subsiste, il faut qu’il me donne l’être. En effet, aucun être ne peut exister sans Dieu et c’est pourquoi s’il veut que j’aie l’être, il faut qu’il se donne lui-même à moi.

 

6 : Se connaître soi-même en Dieu.
     En sixième lieu, il faut que l’âme se connaisse elle-même en Dieu, et cela se passe ainsi : puisque tout ce qui est en Dieu est Dieu, et puisque mon image a été éternellement en Dieu comme elle l’est encore maintenant et doit à jamais l’être, mon âme a donc été éternellement un seul être avec Dieu et elle est Dieu, et ainsi je découvre que je suis en Dieu de façon si haute que j’ai toujours été Dieu en Dieu. Et cela apporte à l’homme qui peut s’y exercer une telle joie qu’il ne peut rien en dire à personne.

 

7 : Au-delà du commencement.
     En septième lieu, l’homme doit connaître Dieu en lui-même tel qu’il est sans commencement, de qui toutes choses ont flué. Et cette connaissance ne peut advenir à personne entièrement en cette vie, car cela toucherait à la vision de l’être divin, qui ne saurait avoir lieu ici-bas.

 

Maître Eckhart (1260-1327).

 

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http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

Une réponse à “Les sept degrés de la vie contemplative, Maître Eckhart”

  1. unpeudetao dit :

    En 1326, Deux dominicains dénoncent certaines de ses propositions à l’inquisition. Contre son gré par contrainte de suivre la procédure engagée, la hiérarchie de l’ordre dominicain est tenue de donner suite juridique à cette dénonciation.
    La date exacte et le lieu du décès d’Eckhart sont inconnus. Ayant répondu à ses détracteurs à Cologne en 1327, il est actuellement supposé que, durant 1328, il a entrepris de se rendre en Avignon depuis Cologne pour affronter son accusation devant le Pape. Nulle archive n’existe concernant ni ce départ, ni ce voyage, ni cette arrivée, ni aucun autre fait postérieur. Documents du procès d’Avignon, quand même, conservés à la Bibliothèque Vaticane suggèrent, mais pas explicitement, qu’ Echkart a été présent à la présentation devant Jean XXII. Finalement, la bulle In agro dominico assume qu’il est décedé. C’est le seul document pour le fait qu’il est mort avant le 27 mars, 1329, date de la bulle.

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