• Accueil
  • > Les trois fils (Conte soufi)

25 octobre, 2008

Les trois fils (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 6:44

Les trois fils.

      Dieu avait offert trois fils à un sultan, chacun doué d’un grand éveil des yeux et du coeur, chacun plus beau, plus courageux et plus généreux que les autres.
      Un jour, les trois fils se présentèrent devant leur père afin de lui demander la permission de partir à la découverte du royaume. Car, dirent-ils, pour mieux gouverner le pays, il convient d’en connaître chaque ville et chaque château fort.
      Comme ils embrassaient les mains du sultan pour lui faire leurs adieux, ce dernier leur donna cet avis :
      « Allez mes enfants ! Visitez chaque endroit où votre coeur vous attire. Confiez-vous à Dieu pour ce voyage. Mais méfiez-vous de deux châteaux forts : Huchrouba (celui qui chasse la raison) est le premier des deux. Toute personne qui y pénètre voit ses vêtements rétrécir jusqu’à devenir trop étroits. Le second, Zatoussouver (enluminé), est encore plus dangereux. Car ses tours, ses toits et ses murs sont tout couverts de représentations d’humains ! »
      Zuleikha avait orné sa chambre de peintures pour attirer l’attention de Joseph. C’est parce que Joseph ne s’intéressait pas à elle que cette chambre était devenue comme un lieu de fête.
      Quand il boit de l’eau, l’assoiffé voit la vérité. Par contre, un imbécile qui contemple l’eau ne voit que son reflet. Un amoureux constate la beauté de Dieu sur la face du soleil mais un imbécile trouve une émotion artistique dans le reflet de la lune dans l’eau !
      « O mes enfants ! conclut le sultan, méfiez-vous de ce château recouvert de peintures ! « 
      Il est probable que les trois fils n’auraient même pas songé à visiter ces lieux si leur père ne leur avait pas donné cet avertissement. Car il s’agissait d’un château fort complètement abandonné. Mais cette interdiction ne fit qu’augmenter dans leur coeur le désir qu’ils avaient de découvrir cet endroit. Chaque homme désire faire ce qui est interdit. Et bien des gens se sont fourvoyés à cause d’interdictions.
      Les trois princes rassurèrent leur père mais omirent de dire : « Inch’Allah ! » Puis, ils prirent la direction de ce château fort.
      Le château fort de Zatoussouver avait cinq grandes poternes et recelait des milliers de peintures. Son charme enivra les trois frères.
      L’apparence est comme une coupe qui contient du vin. Mais elle n’est pas à l’origine du vin.
      Parmi ces milliers d’images, il y avait le portrait d’une très belle jeune fille. Cette vue fit tomber nos trois princes dans un océan. Les fossettes de cette jeune beauté transpercèrent leur coeur de flèches. Chacun d’eux eut le coeur comme déchiré et les larmes inondèrent leur visage. Ils se remémorèrent le conseil de leur père et se dirent :
      « Qui peut donc représenter cette peinture ? »
      Ils se mirent à questionner toutes les personnes qu’ils croisaient sur leur chemin. Après de longues recherches, ils rencontrèrent un vieillard qui leur dit que cette peinture représentait la fille du sultan de Chine.
      « C’est une fille, dit-il, qui ne voit jamais personne, ni homme ni femme. Car son père la cache dans son palais derrière des rideaux. Elle est invisible comme l’âme. Le sultan en est tellement jaloux qu’il ne supporte même pas que l’on prononce son nom. Même les oiseaux n’osent pas s’approcher du toit qui abrite cette beauté. Qui tombera amoureux d’elle sera un homme bien malheureux ! »
      Les trois princes, amoureux, poursuivis par le même rêve, versèrent bien des larmes. La plainte de leur coeur fit monter une fumée comme de l’encens brûlé. L’aîné dit alors :
      « Ô mes frères ! Jusqu’à aujourd’hui, nous avons passé notre temps à donner des conseils aux autres, à leur dire : « Ne vous rebellez pas devant les difficultés. Car la patience est la clé de la joie ! » Et maintenant, où est cette patience ? Où est cette joie ? Notre tour est venu d’être éprouvés ! »
      Leur amour les entraîna bientôt à décider de partir en voyage au pays de leur bien-aimée. La possibilité de la voir était bien sûr exclue mais la seule idée de se rapprocher d’elle leur suffisait. Ainsi, choisissant d’abandonner leur mère, leur père et leur pays, ils prirent le chemin de la bien-aimée inconnue.
      Le frère aîné dit :
      « Ô mes frères ! La patience m’abandonne ! J’en ai assez de la vie. Je suis mort de chagrin. Coupez-moi la tête et que l’amour m’en fasse pousser une autre ! Car l’épée ne fait que secouer la poussière de l’amoureux! »…

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose