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1 avril, 2011

Les trois vérités (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 3:00

 

On appelle les apprentis soufis « chercheurs de vérité » : ils cherchent à connaître la réalité objective. Un certain Rudarigh (1), grand seigneur de Murcie, tyran avide et ignorant, résolut un jour de s’emparer de cette vérité. Il pensait pouvoir contraindre Omar el-Alawi de Tarragone à la lui révéler.

 

     Omar fut arrêté et conduit à la cour.
     « Tu dois me révéler, dit Rudarigh, la vérité que tu détiens avec des mots que je comprenne, sinon tu le paieras de ta vie. Ainsi en ai-je décidé !
     – Observez-vous dans cette cour chevaleresque la coutume universelle selon laquelle toute personne en état d’arrestation qui dit la vérité en réponse à une question est remise en liberté si cette vérité ne la met pas en cause ? demanda Omar.
     – Il en est ainsi, dit Rudarigh.
     – Je vous prie, tous ici présents, d’en être témoins, sur l’honneur de notre seigneur, dit Omar. Et maintenant je vais vous dire non pas une vérité, mais trois.
     – Il faut aussi que nous soyons convaincus, ajouta Rudarigh, que les vérités que tu vas nous dire sont bien la vérité. La preuve doit accompagner l’énoncé.
     – À un seigneur tel que toi, dit Omar, à qui nous pouvons donner non pas une vérité mais trois, nous pouvons aussi donner des vérités évidentes. »
     À ce compliment Rudarigh se rengorgea.
     « Voici la première vérité, dit Omar : je suis celui qu’on appelle Omar le Soufi deTarragone. La deuxième, c’est que tu as accepté de me relâcher si je dis la vérité. La troisième, c’est que tu souhaites connaître la vérité telle que tu la conçois. »
     Ces paroles firent si grande impression sur la cour que le tyran fut obligé de libérer Omar.

 

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Une réponse à “Les trois vérités (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Cette histoire est la première d’un corpus de légendes derviches transmises oralement, que la tradition attribue à El-Mutanabbi.
    Selon les conteurs, El-Mutanabbi stipula que ces légendes ne devraient pas être mises par écrit avant mille ans.
    El-Mutanabbi, un des plus grands poètes arabes, mourut il y a mille ans.
    Une des caractéristiques de ce corpus est qu’il est soumis à une révision permanente. Il est constamment remanié, « à mesure que les temps changent ».

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