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15 avril, 2012

L’homme qui avait conscience de la mort (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 14:38

 

     Un derviche avait décidé de voyager par mer. Il était déjà à bord quand les autres passagers embarquèrent. Comme le veut la coutume, ils vinrent l’un après l’autre demander un conseil. Le derviche se contenta de dire la même chose à chacun : il donnait l’impression de répéter une de ces formules sur lesquelles les derviches fixent leur attention de temps à autre.
     Le conseil était celui-ci : « Prends conscience de la mort, jusqu’au moment où tu sauras ce qu’est la mort. » La formule ne séduisit pas grand monde.
     Peu de temps après, une terrible tempête se leva. Marins et passagers, tombant à genoux, implorèrent Dieu de préserver le navire. Tantôt ils hurlaient de terreur, se considérant comme perdus, tantôt ils espéraient éperdument sauver leur vie.
     Quant au derviche, il se tenait tranquille et semblait réfléchir. Ce qui se passait autour de lui n’entraîna, de sa part, aucune réaction.
     Les assauts de la mer et du vent faiblirent ; la tempête se calma enfin. Marins et passagers s’aperçurent alors que le derviche était resté serein tout le temps.
     « N’as-tu pas pensé une seconde, demanda quelqu’un, que durant cette effroyable tempête il n’y avait rien de plus entre la mort et nous que l’épaisseur d’une planche ?
     – Oui, bien sûr que j’y ai pensé ! répondit le derviche. En mer, il en est toujours ainsi. Mais j’ai pensé aussi, et, à terre, j’y ai souvent réfléchi, qu’en temps normal il y a encore moins entre la mort et nous. »

 

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Une réponse à “L’homme qui avait conscience de la mort (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    L’auteur de cette histoire est Bayazid de Bistam, une localité située au sud de la mer Caspienne. Bayazid est l’un des plus grands des soufis anciens. Il est mort à la fin du IXe siècle.
    Son grand-père était zoroastrien. Il avait reçu une formation ésotérique en Inde.
    Le maître de Bayazid, Abu-Ali de Sind, ne connaissait pas parfaitement les rituels extérieurs de l’islam. Certains érudits en ont conclu qu’il était hindou, et que Bayazid avait en fait étudié les méthodes mystiques indiennes. Chez les soufis, aucune autorité responsable n’est d’accord avec ce point de vue.

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