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11 mai, 2012

L’homme qui voulait savoir (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 13:55

 

      Un homme se dit un jour :
      « À quoi bon observer les règles de l’ordre auquel je suis affilié, respecter les adeptes, faire des dons, lire tous ces livres ! »
      Un inconnu qui passait s’arrêta, et, comme s’il avait lu dans sa pensée, lui dit :
      « Pour chaque activité extérieure il y a une activité intérieure. Pour chaque acte intérieur il y a un équivalent dans une contrée lointaine.
      – Mais, dit l’homme, et si les gens cessaient de suivre les observances du Chemin ? »
      Comme dans un rêve, il entendit le derviche parler :
      « Voici ce qui arriverait s’il n’y avait pas de maîtres soufis. »
      Il vit l’eau des canaux d’irrigation près de lui s’arrêter un instant de couler.
      « Et voici ce qui arriverait s’il n’y avait pas de disciples. »
      Les arbres, les plantes, les herbes, les feuilles semblèrent roussir et se flétrir en quelques secondes sous leurs yeux.
      « Et voici ce qui arriverait si n’étaient pas lus certains passages des livres. »
      Des oiseaux morts se mirent à tomber du ciel, comme des grêlons.
      « Et voici ce qui arriverait s’il n’y avait pas sur terre assez de gens sincères pour respecter les adeptes. »
      La terre se mit à trembler et sembla sur le point de se liquéfier.
      « Assez ! cria l’homme. J’obéirai, je lirai, je ferai des dons, j’irai aux réunions.
      – Hélas, dit le derviche, tandis que l’eau, les feuilles et le sol revenaient à leur état normal, hélas, aucune de ces promesses que tu fais ne peut désormais t’apporter un quelconque avantage.
      – Et pourquoi ? dit l’homme, maintenant que je suis humilié…
      – Parce que tu t’attaches à un enseignement uniquement par peur ou par désir. Des gens de ton espèce l’Enseignement doit se détacher.
      – Mais je voulais seulement savoir, protesta l’homme.
      – Et tu as eu ce que tu voulais, dit le derviche, et cela ne te sert à rien, et cela ne nous sert à rien. »

 

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Une réponse à “L’homme qui voulait savoir (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Il n’est pas un problème, si difficile soit-il, qu’un théoricien ne puisse résoudre.
    Proverbe.

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