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6 mai, 2011

L’Internationale, Eugène Pottier (Au citoyen Gustave Lefrançais, membre de la Commune)

Classé dans : — unpeudetao @ 13:33

 

Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

 

Refrain :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale
Sera le genre humain.
(bis)

 

Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

 

L’État comprime et la loi triche ;
L’Impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’Égalité veut d’autres lois ;
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

 

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail.
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

 

Les rois nous soûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

 

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais, si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins, disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

 

- date : 1871 (ébauche) et 1887 pour la publication du texte définitif.
- texte : Eugène Pottier.
- musique : Pierre Degeyter.

 

**************************************************
   
http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

 

Une réponse à “L’Internationale, Eugène Pottier (Au citoyen Gustave Lefrançais, membre de la Commune)”

  1. unpeudetao dit :

    • Pottier, membre de la Commune, a ébauché ce texte (voir plus bas) en juin 1871, alors qu’il se cachait dans Paris.

    Version originelle de 1871 :

    C’est la lutte finale,
    Groupons-nous et demain
    L’internationale
    Sera le genre humain.

    Debout ! l’âme du prolétaire !
    Travailleurs groupons-nous enfin,
    Debout ! les damnés de la terre !
    Debout ! les forçats de la faim !
    Pour vaincre la misère et l’ombre
    Foule esclave, debout ! debout !
    C’est nous le droit, c’est nous le nombre :
    Nous qui n’étions rien soyons tout.

    Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
    Ni dieu, ni césar, ni tribun.
    Travailleurs sauvons-nous nous-mêmes
    Travaillons au salut commun.
    Pour que les voleurs rendent gorge,
    Pour tirer l’esprit du cachot,
    Allumons notre grande forge !
    Battons le fer quand il est chaud !

    Les rois nous saoûlaient de fumées
    Paix entre nous ! guerre aux tyrans !
    Appliquons la grève aux armées
    Crosse en l’air ! et rompons les rangs !
    Bandit, prince, exploiteur ou prêtre
    Qui vit de l’homme est criminel ;
    Notre ennemi c’est notre maître :
    Voilà le mot d’ordre éternel.

    L’engrenage encor va nous tordre :
    Le capital est triomphant :
    La mitrailleuse fait de l’ordre
    En hachant la femme et l’enfant.
    L’Usure, folle en ses colères
    Sur nos cadavres calcinés
    Soude à la grève des salaires
    La grève des assassinés.

    Ouvriers, paysans, nous sommes
    Le grand parti des travailleurs ;
    La terre n’appartient qu’aux hommes,
    L’oisif ira loger ailleurs.
    C’est de nos chairs qu’ils se repaissent !
    Si les corbeaux, si les vautours,
    Un de ces matins, disparaissent..
    La terre tournera toujours.

    Qu’enfin le passé s’engloutisse !
    Qu’un genre humain transfiguré
    Sous le ciel clair de la Justice
    Mûrisse avec l’épi doré !
    Ne crains plus les nids de chenilles
    Qui gâtaient l’arbre et ses produits
    Travail, étends sur nos familles
    Tes rameaux tout rouges de fruits.

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