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10 mai, 2012

L’invité (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 12:26

 

      Un homme reçut un jour une visite inopinée. Il embrassa son invité avec ferveur. Il dressa la table et lui offrit une hospitalité sans défaut. Or, il y avait ce soir même une fête de mariage chez le voisin et l’homme dit à sa femme :
      « Étends deux litières. Mets la mienne du côté de la porte et celle de mon invité de l’autre côté.
      – O lumière de mes yeux ! répondit la femme. J’accomplirai avec joie ce que tu me demandes ! »
      Elle prépara donc deux lits puis se rendit chez le voisin pour participer à la fête de mariage. L’homme et son invité passèrent la soirée à goûter des fruits et à se raconter les histoires étranges qui leur étaient arrivées au cours de leur existence.
      Quand il se fit tard, l’invité, pris par le sommeil, se dirigea vers le lit situé près de la porte et le maître de maison n’osa pas lui indiquer la place qu’il lui avait assignée.
      De retour de la fête, la femme se déshabilla et se coucha dans le lit de l’invité. Le prenant pour son mari, elle l’embrassa en lui disant :
      « O sage ! Mes craintes se sont réalisées. Dehors, il tombe une pluie torrentielle et ceci va retarder le départ de notre invité. Il va rester, collé à nous comme un savon ! En effet, comment pourrait-il partir par une pluie pareille ? Ah ! sois-en sûr ! Il va rester et être comme une entrave pour nos deux âmes ! »
      À ces mots, l’invité se leva comme une flèche de son lit et réclama ses chaussures en disant :
      « Je ne crains ni la boue ni la pluie. Me voici sur le départ. Bien le bonsoir ! L’âme qui voyage ne devrait pas s’accorder le moindre instant de repos ou de distraction. Celui qui n’est que de passage doit s’en retourner au plus vite chez lui. »
      La femme tenta de lui faire croire qu’il ne s’agissait là que d’un jeu mais, même ses larmes ne parvinrent pas à fléchir l’invité et elle et son mari se mirent à se lamenter après le départ de leur hôte.
      Tristes et honteux de cette aventure, ils transformèrent leur maison en auberge mais, à tout moment, l’image de leur invité leur disait dans le coeur :
      « Moi, j’étais l’ami d’Élie. J’étais venu pour vous faire partager les trésors de la miséricorde. Hélas, c’était votre destin que les choses se passent ainsi ! »

 

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