• Accueil
  • > L’oiseau et l’oeuf (Conte soufi)

4 février, 2012

L’oiseau et l’oeuf (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 10:22

 

     Il était une fois une oiselle qui n’avait pas le pouvoir de voler. Telle un poulet, elle allait et venait sur le sol. Elle avait entendu dire que certains oiseaux s’élevaient dans les airs, mais cela ne changeait rien à l’affaire.
     Par un étrange concours de circonstances, l’oiselle se trouva à couver l’oeuf d’un oiseau volant.
     Quand le moment de l’éclosion fut venu, l’oisillon brisa la coquille et vint au monde avec l’aptitude à voler qui avait toujours été sienne, même pendant le temps de son existence dans l’oeuf.
     Il s’inquiéta bientôt de savoir quand il pourrait prendre son essor.
     « Fais comme les autres, persévère dans tes efforts pour voler », répondit sa mère adoptive.
     L’oiselle attachée à la terre aurait été bien incapable de lui donner des leçons de vol : elle ne savait même pas comment le faire tomber du nid afin qu’il puisse apprendre.
     Il est curieux, dans un sens, que l’oiselet n’ait pas compris cela. Son appréciation de la situation était faussée par le fait qu’il éprouvait de la gratitude envers celle qui l’avait fait éclore.
     « Sans cela, se disait-il, je serais encore dans l’oeuf ! »
     Il se disait aussi parfois :
     « Quelqu’un qui peut me faire éclore peut sûrement m’apprendre à voler. C’est sans doute une question de temps, ou bien cela dépend de mes propres efforts, ou de quelque sagesse supérieure. Oui, c’est ça ! Un jour, je serai brusquement porté au stade suivant par celle qui m’a amené jusque-là. »

 

*****************************************************

 

http://unpeudetao.unblog.fr

 

 

Une réponse à “L’oiseau et l’oeuf (Conte soufi)”

  1. unpeudetao dit :

    Ce conte apparaît, sous diverses formes, dans les différentes versions de l’ouvrage de Suhrawardi, Awarif el-Maarif (XIIe siècle). On dit qu’il véhicule plusieurs messages et peut être interprété intuitivement, chacun l’interprétant selon le niveau de conscience qu’il a atteint.
    Il contient plusieurs morales évidentes, dont certaines éclairent des traits fondamentaux de la pensée contemporaine. En voici quelques-unes :
    « Il est parfois absurde de supposer qu’une chose découle forcément d’une autre. Cette supposition peut faire obstacle à tout nouveau progrès. »
    « Le fait que quelqu’un peut remplir une fonction ne signifie pas qu’il puisse en remplir une autre. »

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose