• Accueil
  • > L’or du bois (Conte soufi)

22 avril, 2012

L’or du bois (Conte soufi)

Classé dans : — unpeudetao @ 4:13

 

      Un derviche vit un jour en rêve une assemblée de maîtres, tous disciples du prophète Élie. Il leur demanda :
      « Où puis-je acquérir des biens sans qu’il m’en coûte rien ? »
      Les maîtres l’emmenèrent alors dans la montagne et ils secouèrent les branches des arbres pour en faire tomber les fruits. Puis, ils dirent :
      « Dieu a voulu que notre sagesse rende ces fruits, qui étaient amers, propres à la consommation. Manges-en. Il s’agit bien là d’une acquisition sans contrepartie. » En mangeant ces fruits, le derviche y puisa une telle substance qu’à son réveil il tomba dans l’admiration.
      « Ô Seigneur ! dit-il, offre-moi à moi aussi une faveur secrète. »
      Et, à l’instant même, la parole lui fut retirée et son coeur fut purifié.
      « Quand bien même il n’y aurait d’autre faveur au paradis, pensa-t-il, celle-ci me suffit et je n’en veux point d’autre. »
      Or, il lui restait deux pièces d’or qu’il avait cousues sur son vêtement. Il se dit :
      « Je n’en ai plus besoin puisque, désormais, j’ai une nourriture spéciale. »
      Et il donna ces deux pièces à un pauvre bûcheron en pensant que cette aumône lui permettrait de subsister quelque temps. Mais le bûcheron, éclairé par la lumière divine, avait lu dans ses pensées et lui dit :
      « Comment peux-tu espérer trouver ta subsistance si ce n’est pas Dieu qui te la procure ? »
      Le derviche ne comprit pas exactement ce que voulait dire le bûcheron mais son coeur fut attristé par ces reproches. Le bûcheron s’approcha de lui et déposa à terre Je tas de bois qu’il portait sur l’épaule. Puis, il dit :
      « Ô Seigneur ! Au nom de tes serviteurs dont tu exauces les souhaits, transforme ce bois en or ! »
      Et, à l’instant même, le derviche vit toutes les bûches briller comme le soleil. Il tomba à terre sans connaissance.
      Quand il revint à lui, le bûcheron dit :
      « Ô Seigneur ! Au nom de ceux qui ternissent ta renommée, au nom de ceux qui peinent, transforme cet or en bois ! »
      Et l’or revint à l’état de bois. Le bûcheron remit le fagot sur son épaule et prit le chemin de la ville. Le derviche voulut courir derrière lui pour avoir l’explication de ce mystère mais son état d’émerveillement ainsi que sa crainte devant la stature du bûcheron l’en dissuadèrent.
      Ne fais pas partie de ces sots qui font demi-tour une fois qu’ils ont acquis l’intimité avec le sultan !

 

*****************************************************

 

Laisser un commentaire

Ilona, Mahée et Mila. |
Amour, Beauté, Paroles, Mots. |
Les Ailes du Temps |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | David Besschops
| professeur.de.français
| billierose