5 juillet, 2009

02 Le Sermon des pauvres

Classé dans : — unpeudetao @ 17:02

Nous dirons d’abord qu’un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas véritablement ce sens. Ce sont ceux qui s’adonnent à
des pénitences et à des pratiques extérieures, performances qu’ils tiennent néanmoins pour considérables, alors qu’ils ne font que s’autoglorifier . Que
Dieu en ait pitié de si peu connaître la vérité divine! Ils sont tenus pour saints, d’après leurs apparences extérieures, mais au dedans ce sont des ânes
qui ne saisissent pas le véritable sens de la divine vérité. Ces gens disent bien que pauvre est celui qui ne veut rien, mais selon l’interprétation qu’ils
donnent à ces mots, l’homme devrait vivre en s’efforçant de ne plus avoir de volonté propre et tendre à accomplir la volonté de Dieu. Ce sont là des gens
bien intentionnés et nous sommes prêts à les louer. Dieu, dans sa miséricorde, leur accordera sans doute le royaume des cieux, mais, je dis moi, par la
vérité divine, que ces gens ne sont pas, même de loin, de vrais pauvres. Ils passent pour éminents aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux, cependant
ce sont des ânes qui n’entendent rien de la vérité divine. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le royaume des cieux, mais de cette pauvreté
dont nous voulons maintenant parler, ils ne connaissent rien.

 
Si on me demandait ce qu’il faut entendre par un homme pauvre qui ne veut rien, je répondrais : aussi longtemps qu’un homme veut encore quelque chose, même
si cela est d’accomplir la volonté toute chère de Dieu, il ne possède pas la pauvreté dont nous voulons parler.

 
Cet homme a encore une volonté : accomplir celle de Dieu, ce qui n’est pas la vraie pauvreté. En effet, la véritable pauvreté est libre de toute volonté
personnelle et pour la vivre, l’homme doit se saisir tel qu’il était lorsqu’il n’était pas. Je vous le dis, par l’éternelle vérité : aussi longtemps que
vous avez encore la soif d’accomplir la volonté de Dieu, et le désir de l’éternité de Dieu, vous n’êtes pas véritablement pauvre, car seul est véritablement
pauvre celui qui ne veut rien et ne désire rien.

 
Quand j’étais dans ma propre cause, je n’avais pas de Dieu et j’étais cause de moi-même, alors je ne voulais rien, je ne désirais rien car j’étais un être
libre et me connaissais moi-même selon la vérité dont je jouissais. Là, je me voulais moi-même et ne voulais rien d’autre, car ce que je voulais je l’étais,
et ce que j’étais je le voulais. J’étais libre de Dieu et de toute chose. Mais lorsque par ma libre volonté j’assumais ma nature créée, alors Dieu est
apparu, car avant que ne fussent les créatures, Dieu n’était pas Dieu, il était ce qu’il était. Mais lorsque furent les créatures, Dieu n’a plus été Dieu
en lui-même, mais Dieu dans les créatures. Or nous disons que Dieu, en tant que ce Dieu-là, n’est pas l’accomplissement suprême de la créature car pour
autant qu’elle est en Dieu, la moindre créature a la même richesse que lui. S’il se trouvait qu’une mouche ait l’intelligence et pouvait appréhender l’éternel
d’où elle émane, nous dirions que Dieu, avec tout ce qu’il est, en tant que Dieu, ne pourrait satisfaire cette mouche. C’est pourquoi nous prions d’être
libre de Dieu et d’être saisi de cette vérité et d’en jouir éternellement là où les anges les plus élevés, la mouche et l’âme sont un; là où je me tenais,
où je voulais ce que j’étais, et étais ce que je voulais.

 

 

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