5 juillet, 2009

05 Le Sermon des pauvres

Classé dans : — unpeudetao @ 17:09

Un grand maître a dit que sa percée est plus noble que son émanation, et cela est vrai. Lorsque j’émanais de Dieu, toutes les choses dirent : Dieu est.
Mais cela ne peut me combler car par là je me reconnaîtrais créature. Au contraire, dans la percée, je suis libéré de ma volonté propre, de celle de Dieu,
et de toutes ses expressions, de Dieu même. Je suis au-delà de toutes les créatures et ne suis ni créature, ni Dieu. Je suis bien plus. Je suis ce que
j’étais, ce que je demeurerai maintenant et à jamais. Là je suis pris d’une envolée qui me porte au-delà de tous les anges. Dans cette envolée, je reçois
une telle richesse que Dieu ne peut me suffire selon tout ce qu’il est en tant que Dieu et avec toutes ses œuvres divines. En effet, l’évidence que je
reçois dans cette percée, c’est que Dieu et moi sommes un. Là je suis ce que j’étais. Je ne crois ni ne décrois, étant la cause immuable qui fait se mouvoir
toute chose. Alors Dieu ne trouve plus de place en l’homme. L ‘homme dans cette pauvreté retrouve ce qu’il a été éternellement et ce qu’il demeurera à
jamais.

 
Ici Dieu et l’esprit sont un et c’est là la pauvreté la plus essentielle que l’on puisse contempler. Que celui qui ne comprend pas ce discours reste libre
en son cœur, car aussi longtemps que l’homme n’est pas semblable à cette vérité, on ne peut pas la comprendre, car c’est une vérité immédiate et sans voile,
jaillie directement du cœur de Dieu. Que Dieu nous vienne en aide pour la vivre éternellement. Amen.

 
 

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